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Les Canadiens profitent d’une abondance d’énergie de sources variées. Cet avantage comparatif sur le plan de l’approvisionnement énergétique les aide à surmonter les désavantages économiques liés à un marché intérieur restreint, à de grandes distances, à un relief accidenté et à un climat relativement rigoureux. Il favorise également l’émergence d’industries particulièrement énergivores.
En 2007, les Canadiens ont dépensé près de 166 milliards de dollars en énergie pour chauffer et climatiser les habitations et les bureaux, faire fonctionner les véhicules et les appareils ménagers, et mettre en oeuvre des procédés industriels. Cela représentait presque 12 p. 100 du produit intérieur brut (PIB) du pays².
Il existe deux grands types de consommation d’énergie : primaire et secondaire. La consommation primaire représente l’énergie qui permet de répondre à l’ensemble des besoins de tous les consommateurs d’énergie, y compris l’énergie utilisée pour transformer une forme d’énergie en une autre – comme le charbon en électricité – et celle employée pour acheminer l’énergie aux consommateurs. La consommation secondaire comprend la consommation d’énergie des utilisateurs finaux à des fins résidentielles, commerciales et institutionnelles, industrielles, agricoles et de transport.
La consommation d’énergie primaire représente l’ensemble de la consommation d’énergie au pays, y compris la consommation d’énergie secondaire. Au Canada, l’augmentation de la consommation d’énergie primaire reflète les changements apportés au cours de plusieurs décennies à l’équipement et aux bâtiments consommateurs d’énergie, de même que l’évolution du comportement des consommateurs d’énergie. La consommation d’énergie primaire s’élevait à 12 786 pétajoules³ (PJ) en 2007.
En 2007, la consommation d’énergie secondaire représentait 69 p. 100 de la consommation d’énergie primaire au Canada, soit 8 870,5 PJ. Elle était à l’origine de 67 p. 100 (501,6 mégatonnes [Mt]) des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) au pays, y compris les émissions indirectes, à savoir celles produites par les services publics d’électricité pour répondre à la demande d’utilisation finale.
De 1990 à 2007, on a enregistré une hausse de 28 p. 100 de la consommation d’énergie secondaire, la population canadienne a augmenté de 19 p. 100, et le PIB de 58 p. 100. Par conséquent, la consommation d’énergie a connu une croissance plus lente que celle de l’économie mais plus rapide que celle de la population.
Tel que l’illustre la figure 1-1, le secteur industriel est celui qui a consommé le plus d’énergie : comptant pour 39 p. 100 de la consommation d’énergie secondaire totale en 2007. Le secteur des transports arrivait au deuxième rang (29 p. 100), suivi du secteur résidentiel (16 p. 100), du secteur commercial et institutionnel (13 p. 100) et du secteur agricole (2 p. 100).
Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_tableaux.cfm
La figure 1-2 illustre la répartition des émissions de GES par secteur. Ce rapport traite des émissions de GES liées à l’énergie, lesquelles comprennent le dioxyde de carbone (CO2), le méthane et l’oxyde nitreux. Le CO2 représente la plus grande part des émissions de GES au Canada. Sauf indication contraire, tous les chiffres mentionnés ci-après se rapportant au CO2 et aux GES incluent à la fois les émissions attribuables directement à la consommation d’énergie secondaire et les émissions indirectement liées à la production d’électricité.
Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_tableaux.cfm
L’expression « intensité énergétique » désigne la quantité d’énergie consommée par unité d’activité. On exprime parfois l’efficacité énergétique en termes d’intensité énergétique, car cette dernière est une mesure simple pour laquelle les données sont facilement accessibles. Cette mesure peut cependant être trompeuse car, en plus de l’efficacité énergétique même, elle tient compte de l’incidence d’autres facteurs sur la demande d’énergie comme des variations des conditions météorologiques et des changements dans la structure de l’économie.
L’efficacité énergétique renvoie au degré d’efficacité avec lequel on utilise l’énergie dans un but précis. Par exemple, offrir un niveau de service semblable (ou supérieur) tout en diminuant la consommation d’énergie, selon une approche par unité, est considéré comme une amélioration de l’efficacité énergétique.
Pour bien mesurer l’évolution de l’efficacité énergétique au fil du temps, il faut normaliser les variations dans la structure économique et les conditions météorologiques ou les calculer de façon à les exclure de l’équation de l’intensité énergétique. L’Office de l’efficacité énergétique (OEE) de Ressources naturelles Canada (RNCan) applique une technique d’analyse de factorisation reconnue à l’échelle internationale – l’indice de la moyenne logarithmique de Divisia I (IMLD I) – pour isoler l’incidence de l’efficacité énergétique sur l’évolution de la consommation d’énergie au Canada.
La figure 1-3 compare, pour le Canada, un indice de la variation annuelle de l’intensité énergétique avec l’indice des changements dans l’efficacité énergétique de l’OEE entre 1990 et 2007. Tel qu’il est illustré, l’intensité et l’efficacité énergétiques du Canada se sont améliorées au cours de cette période. La diminution de l’intensité énergétique reflète une amélioration globale de l’efficacité énergétique ou le degré d’efficacité avec lequel on utilise l’énergie pour produire une unité de PIB. Parallèlement, l’amélioration de l’efficacité énergétique indique le degré d’efficacité avec lequel on utilise l’énergie pour offrir un certain niveau de service ou d’extrants.
Tel que l’illustre la figure 1-3, l’intensité sousestime l’effet d’efficacité au Canada au début des années 1990 et surestime son incidence au cours de la deuxième moitié de cette période. Avant 1998, l‘amélioration de l’intensité semblait faible en raison du temps froid (1992-1997), et la transition vers des industries plus énergivores (1990-1996) masquait les progrès de l’efficacité énergétique. En 2000, l’indice d’intensité a descendu en dessous de l’indice de l’effet d’efficacité énergétique. Le virage vers des industries moins énergivores, qui a commencé au milieu des années 1990, de même que l’amélioration de l’efficacité énergétique ont accéléré le déclin de l’intensité énergétique.
RNCan publie régulièrement un rapport intitulé Évolution de l’efficacité énergétique au Canada, qui fait état des changements dans la consommation d’énergie et les émissions de GES et de l’incidence des facteurs clés suivants sur ces changements (voir le
tableau 1-1) :
| Secteurs | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Résidentiel | Commercial/ institutionnel |
Industriel | Transports | Total* | Changement (%) |
|
| Consommation d’énergie en 1990 (PJ) | 1 282,3 | 867,0 | 2 710,0 | 1 877,9 | 6 936,3 | |
| Consommation d’énergie en 2007 (PJ) | 1 447,2 | 1 141,6 | 3 471,6 | 2 595,2 | 8 870,5 | |
| Changements dans la consommation d’énergie (PJ) | 164,9 | 274,6 | 761,6 | 717,3 | 1 934,2 | 27,9 |
| Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_tableaux.cfm?attr=0 | ||||||
| Facteur explicatif (raison du changement) | ||||||
| Activité | 456,4 | 294,7 | 1 261,7 | 853,8 | 2 866,6 | 41,3 |
| Conditions météorologiques | 15,0 | 15,2 | s.o. | s.o. | 30,2 | 0,4 |
| Structure | 0,6 | 0,3 | -315,3 | 218,5 | -95,8 | -1,4 |
| Niveau de service | 71,1 | 103,6 | s.o. | s.o. | 174,7 | 2,5 |
| Efficacité énergétique | -378,2 | -138,7 | -184,8 | -388,0 | -1 089,7 | -15,7 |
| Autres facteurs | -0,5 | 48,3 | 0,7 | |||
| Source: oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/analyse_ca.cfm?attr=0 | ||||||
*Le total inclut également la consommation d’énergie du secteur agricole.
Dans ce rapport, l’évolution de l’efficacité énergétique est le résultat net obtenu après avoir tenu compte des changements dans la consommation d’énergie attribuables aux variations de l’activité, des conditions météorologiques, de la structure et du niveau de service. Toutefois, d’autres facteurs, comme le choix individuel des consommateurs, peuvent influencer la consommation d’énergie et ne sont pas pris en compte par les facteurs normalisés mentionnés ci-dessus. L’incidence de l’activité, des conditions météorologiques, de la structure et du niveau de service risque d’amplifier ou de minimiser le changement « réel » dans la consommation d’énergie et l’amélioration de l’efficacité énergétique.
Entre 1990 et 2007, la consommation d’énergie secondaire au Canada est passée de 6 936,3 à 8 870,5 PJ. Sans amélioration de l’efficacité énergétique, les hausses attribuables à l’activité, aux conditions météorologiques, à la structure et au niveau de service auraient entraîné une augmentation de la consommation d’énergie de 44 p. 100. Toutefois, à la suite d’une amélioration de l’efficacité énergétique de 16 p. 100
(1 090 PJ)4, la consommation d’énergie secondaire réelle a seulement augmenté de 28 p. 100 (pour atteindre 8 870,5 PJ). Cette amélioration de l’efficacité énergétique aurait contribué à réduire les émissions de GES de 63 Mt et les dépenses énergétiques de 22,8 milliards de dollars en 2007. La figure 1-4 illustre l’évolution de la consommation d’énergie entre 1990 et 2007, réelle et sans amélioration de l’efficacité énergétique.
Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/analyse_ca.cfm
Le Canada joue un rôle de chef de file dans la production d’énergies renouvelables, avec plus de 16 p. 100 de son approvisionnement en énergie primaire provenant de sources d’énergies renouvelables en 2008. Bien qu’on associe souvent les énergies renouvelables à l’électricité, elles servent également à produire de l’énergie thermique (chaleur) ou des carburants. Les énergies hydraulique (eaux intérieures et océans), éolienne, solaire, géothermique et tirée de la biomasse comptent parmi les sources d’énergies renouvelables utilisées au Canada.
Le Canada dispose d’un important approvisionnement en électricité renouvelable, principalement en raison de l’utilisation répandue de l’hydroélectricité. En 2008, 60,4 p. 100 de la production d’électricité au Canada était assurée par de petites centrales hydroélectriques classiques, soit une production de plus de 376 térawattheures (TWh) comparativement à 364 TWh en 2007 (une hausse de 3,3 p. 100). Les petites centrales hydroélectriques (de moins de 50 mégawatts [MW]) ont fourni, avec une puissance installée de 3 452 MW, approximativement 2 p. 100 de l’électricité totale produite au Canada.
Plusieurs provinces prennent des mesures pour soutenir le développement de technologies d’énergies hydrauliques renouvelables (océans) de prochaine génération, qui utilisent les vagues, les courants océaniques et les marées pour produire de l’électricité.
En 2010, le Fundy Ocean Resource Center for Energy, une installation de démonstration technologique, a entrepris l’essai de trois technologies totalisant une capacité de 4 MW. Des technologies d’exploitation des vagues et des courants de marée sont également mises à l’essai au large de la côte de la Colombie-Britannique. Une installation commerciale ayant pour but de produire de l’électricité pourrait être construite au cours de la prochaine décennie.
Bien que certains défis techniques, réglementaires et financiers demeurent présents, l’énergie marine a le potentiel de fournir au Canada une source abondante d’énergie renouvelable.
Les sources d’énergies renouvelables non hydroélectriques représentaient approximativement 2 p. 100 de l’ensemble de la production d’électricité au pays. En 2008, grâce à ses 1 516 MW de puissance installée, la biomasse (biomasse résiduelle et vierge ainsi que gaz d’enfouissement) est devenue l’une des principales sources d’énergies renouvelables non hydroélectriques au Canada.
Toutefois, le recours à l’énergie éolienne augmente rapidement, cette industrie ayant passé d’une capacité de 139 MW en 2000 à 3 319 MW en 2009. L’énergie éolienne pourrait bientôt servir en mer, en raison des projets de grande envergure prévus sur les terres submergées au large de la côte de la Colombie-Britannique et dans les Grands Lacs.
On constate également une forte augmentation de la capacité dans le secteur de l’énergie photovoltaïque solaire, soit une hausse annuelle moyenne d’approximativement 32 p. 100 entre 1992 et 2009, en dépit de la base de référence très faible. L’année 2009 s’est avérée jusqu’à présent la meilleure pour le secteur, les systèmes photovoltaïques solaires installés au Canada ayant produit approximativement 95 MW, soit une hausse de 62 MW par rapport à l’année précédente.
En 2008, la puissance installée héliothermique active au Canada s’élevait à 720 000 mètres carrés (m²), soit approximativement 500 MW thermiques (MWthermique). On enregistre, dans le marché canadien, une hausse annuelle moyenne de 13 p. 100 depuis 1998. En 2008, on comptait dans le marché canadien 139 159 m² de capteurs thermosolaires, soit deux fois plus qu’en 2007 (60 900 m²), et les recettes avaient augmenté de 44 p. 100 par rapport à 2007.
En 2008, 15 000 pompes géothermiques ont été installées au Canada. C’est là une forte augmentation comparativement à 9 100 appareils en 2007 et à 4 217 appareils en 2006. Au 31 décembre 2009, on estimait que les quelque 46 000 pompes géothermiques, d’une puissance installée de 555 MWthermique, produisaient l’équivalent de 760 gigawattheures par an.
Tel qu’il est indiqué au chapitre 5, RNCan mène trois initiatives – écoÉNERGIE pour l’électricité renouvelable, écoÉNERGIE pour le chauffage renouvelable et le Programme d’écologisation des pâtes et papiers – visant à accroître l’utilisation des sources d’énergies renouvelables au Canada.
Le secteur résidentiel comprend quatre types principaux de logements : les maisons unifamiliales, les maisons individuelles attenantes, les appartements et les maisons mobiles. L’énergie est utilisée dans les logements pour chauffer et climatiser les pièces, chauffer l’eau et faire fonctionner les appareils ménagers, l’équipement électronique et les appareils d’éclairage. En 2007, ce secteur représentait 16 p. 100 (1 447,2 PJ) de la consommation d’énergie secondaire et 15 p. 100 (74,3 Mt) des émissions de GES au Canada.
Les maisons unifamiliales constituent la majorité des logements canadiens, suivies des appartements, des maisons individuelles attenantes et des maisons mobiles (voir la figure 1-5). Les programmes de l’OEE écoÉNERGIE Rénovation – Maisons et écoÉNERGIE pour les bâtiments et les habitations visent à améliorer l’efficacité énergétique des maisons unifamiliales et individuelles attenantes.
Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_res_ca.cfm
Entre 1990 et 2007, la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel a augmenté de 13 p. 100, soit 164,9 PJ. Au cours de cette même période, les émissions de GES ont augmenté de 11 p. 100.
L’intensité en GES a diminué de 2 p. 100 en dépit du fait que le ménage moyen utilisait plus d’appareils ménagers, qu’il avait un plus grand logement et qu’il utilisait davantage la climatisation. Le chauffage des pièces et de l’eau représentait 81 p. 100 de la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel (ce qui signifie une légère diminution de la consommation d’énergie pour le chauffage des pièces), suivi du fonctionnement des appareils ménagers, de l’éclairage et de la climatisation (voir la figure 1-6).
Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_res_ca.cfm
Cinq grands facteurs – l’activité, les conditions météorologiques, la structure, le niveau de service et l’effet d’efficacité énergétique – ont influé sur la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel entre 1990 et 2007 :
La hausse de la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel découlait en grande partie de l’accroissement de l’activité. Cet accroissement, plus précisément l’augmentation de la surface de plancher totale et du nombre de ménages, était attribuable à l’augmentation de la superficie moyenne des maisons neuves, à l’accroissement de la population et à la diminution du nombre de personnes par ménage (voir la figure 1-7).
Source: oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/analyse_ca.cfm
Ces hausses ont été en partie compensées par une amélioration considérable de l’efficacité énergétique. Le niveau de service a augmenté la demande en énergie car, en 2007, plus de Canadiens ont climatisé leur maison au cours de l’été et ont utilisé plus d’appareils ménagers qu’en 1990.
La figure 1-8 illustre l’évolution de la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel entre 1990 et 2007, de même que les économies d’énergie estimatives attribuables à l’efficacité énergétique.
L’efficacité énergétique globale s’améliore – notamment en raison des améliorations apportées aux enveloppes thermiques des maisons (isolation, fenêtres, etc.) ainsi que des appareils ménagers, de chauffage et d’éclairage plus éconergétiques – et a entraîné des économies d’argent considérables pour chaque ménage canadien.
L’amélioration de 29 p. 100 de l’efficacité énergétique entre 1990 et 2007 s’est traduite par des économies d’énergie de 7,4 milliards de dollars en 2007.
La figure 1-9 présente les variations dans la consommation d’énergie de maisons construites à différentes périodes, lesquelles reflètent les améliorations dans la construction des habitations.
La figure 1-10 illustre l’amélioration de la consommation d’énergie moyenne des appareils ménagers neufs en comparant les modèles de 1990 avec ceux de 2007.
Voici les initiatives de RNCan qui visent à accroître l’efficacité énergétique dans le secteur résidentiel :
Le secteur commercial et institutionnel englobe les activités liées au commerce, aux finances, à l’immobilier, à l’administration publique, à l’éducation et aux services commerciaux, dont le tourisme. L’énergie consommée dans ce secteur sert principalement à chauffer et à climatiser les locaux, à chauffer l’eau, à faire fonctionner l’équipement auxiliaire, à éclairer les bâtiments, à faire fonctionner certains appareils (p. ex. les pompes et les systèmes de ventilation des bâtiments) et à éclairer les voies publiques.
En 2007, le secteur commercial et institutionnel représentait 13 p. 100 (1 142 PJ) de la consommation d’énergie secondaire et des émissions de GES au Canada. Entre 1990 et 2007, la consommation d’énergie de ce secteur (y compris l’éclairage des voies publiques) s’est accrue de 32 p. 100, soit 275 PJ. Or, au cours de la même période, les émissions de GES du secteur ont augmenté de 36 p. 100. L’augmentation de la consommation de combustibles à forte intensité en GES, comme le pétrole lourd et le mazout léger, explique la raison pour laquelle les émissions de GES ont augmenté plus rapidement que la consommation d’énergie.
Afin de faire ressortir la consommation d’énergie dans les activités du secteur commercial et institutionnel, l’analyse qui suit exclut la consommation d’énergie pour l’éclairage des voies publiques. Le secteur commercial et institutionnel comprend de nombreux types d’activités (voir la figure 1-11). En 2007, les bureaux représentaient 35 p. 100 de la demande énergétique du secteur, par rapport à 49 p. 100 pour le commerce de détail, les services d’éducation, les soins de santé et l’aide sociale, l’hébergement et les services alimentaires.
Source: oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_com_ca.cfm
L’énergie consommée dans les activités du secteur commercial et institutionnel vient combler sept besoins bien distincts. Tel que l’illustre la figure 1-12, en 2007, le chauffage des locaux arrivait en tête avec près de la moitié de la consommation d’énergie dans le secteur. Six des sept autres besoins représentaient chacun entre 1 et 17 p. 100 de la demande d’énergie dans ce secteur.
Source: oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_com_ca.cfm
Entre 1990 et 2007, cinq grands facteurs – l’activité, les conditions météorologiques, la structure, le niveau de service et l’effet d’efficacité énergétique – ont influé sur la consommation d’énergie dans le secteur commercial et institutionnel :
Des gains en efficacité énergétique ont été réalisés grâce à des améliorations apportées aux enveloppes thermiques des bâtiments (isolation, fenêtres, etc.) et à une plus grande efficacité des appareils consommateurs d’énergie, comme les appareils de chauffage, l’équipement auxiliaire et l’éclairage, ce qui a ralenti le taux de croissance de la consommation d’énergie. Sans amélioration de l’efficacité énergétique, la consommation d’énergie dans le secteur commercial et institutionnel aurait augmenté de 48 p. 100. Toutefois, entre 1990 et 2007, la consommation d’énergie réelle s’est accrue de seulement 32 p. 100, entraînant des économies d’énergie de 2,9 milliards de dollars en 2007.
La figure 1-13 présente l’évolution de la consommation d’énergie dans le secteur entre 1990 et 2007, ainsi que les économies d’énergie estimatives attribuables à l’amélioration de l’efficacité énergétique.
Voici les initiatives de RNCan qui visent à accroître l’efficacité énergétique dans le secteur commercial et institutionnel :
Le secteur industriel englobe toutes les industries manufacturières, toutes les activités minières (y compris l’extraction de pétrole et de gaz), la foresterie et la construction. Il exclut cependant la production d’électricité. Ce secteur utilise l’énergie dans les procédés industriels comme force motrice et pour produire de la chaleur ou de la vapeur.
Globalement, en 2007, la demande d’énergie dans le secteur industriel représentait 39 p. 100 (3 472 PJ) de la consommation d’énergie secondaire et 34 p. 100 (169 Mt) des émissions de GES (incluant celles liées à l’électricité). La consommation d’énergie réelle dans le secteur industriel s’est accrue de 28 p. 100 (762 PJ) entre 1990 et 2007. Cette hausse était attribuable à l’augmentation de l’activité industrielle, laquelle correspondait à une combinaison d’unités physiques de production, de production brute et de PIB.
Dans le secteur industriel, les industries de l’exploitation minière, des pâtes et papiers, du raffinage du pétrole ainsi que les autres industries manufacturières étaient les plus gros consommateurs d’énergie. En 2007, 25 p. 100 de la demande d’énergie industrielle globale émanait de l’industrie de l’exploitation minière (voir la figure 1-14).
Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/evolution_agg_ca.cfm
Dans la plupart des industries, l’achat d’énergie ne constituait qu’une infime partie des dépenses totales. Cependant, dans certaines industries relativement énergivores – ciment, aluminium, pâtes et papiers et sidérurgie – cette part s’élevait à au moins 10 p. 100 (voir la figure 1-15). Dans le cas du ciment, elle atteignait 23 p. 100.
Entre 1990 et 2007, les émissions de GES du secteur industriel, incluant les émissions liées à l’électricité, ont augmenté de 24 p. 100. Si l’on ne tient pas compte des émissions liées à l’électricité, la hausse des émissions de GES s’établissait à 19 p. 100. Cette hausse des émissions de GES directes était principalement attribuable à l’industrie pétrolière et gazière en amont. Toutefois, l’industrie des pâtes et papiers a connu une baisse de ses émissions de GES de 28 p. 100.
Entre 1990 et 2007, trois grands facteurs – l’activité, la structure et l’effet d’efficacité énergétique – ont eu une influence sur la consommation d’énergie dans le secteur industriel :
La figure 1-16 illustre l’évolution de la consommation d’énergie entre 1990 et 2007 et les économies d’énergie estimatives réalisées grâce à l’efficacité énergétique.
L’amélioration de l’efficacité énergétique obtenue grâce à une utilisation plus efficace des capitaux et à de meilleures pratiques de gestion constitue un facteur important dans la gestion de la consommation d’énergie et la diminution de l’intensité énergétique.
Entre 1990 et 2007, l’efficacité énergétique dans le secteur industriel s’est améliorée de 7 p. 100. En 2007, l’industrie canadienne a économisé 2,1 milliards de dollars en coûts d’énergie. Ce gain était surtout attribuable à l’amélioration de l’intensité énergétique et traduisait un changement vers des activités moins énergivores. Toutefois, les économies d’énergie attribuables à l’amélioration de l’efficacité énergétique réalisée par certaines industries ont été atténuées par l’augmentation de la consommation des sous-secteurs de l’industrie pétrolière et gazière en amont, de l’industrie des engrais et de celle de la foresterie.
De 1990 à 2007, la consommation d’énergie pour l’exploitation minière en amont a augmenté, passant de 8 à 22 p. 100. Cela indique non seulement une augmentation de la production, mais aussi un virage de la production de pétrole classique vers la production de pétrole brut non classique à plus forte intensité énergétique. À l’exclusion du secteur de l’exploitation minière en amont, les industries canadiennes ont amélioré de 23 p. 100 leur efficacité énergétique, ce qui représente des économies d’énergie de 617,7 PJ (voir la figure 1-17) et correspond à une économie de 7 milliards de dollars en coûts d’énergie.
Voici les initiatives de RNCan qui visent à accroître l’efficacité énergétique dans le secteur industriel :
En 2007, le secteur des transports occupait le deuxième rang derrière le secteur industriel pour la consommation d’énergie, représentant 29 p. 100 (2 595 PJ) de la consommation d’énergie secondaire totale au Canada, et émettait la plus grande part des émissions finales de GES canadiennes, soit 36 p. 100 (179,4 Mt).
Ce secteur génère une grande partie des émissions de GES, car les principaux carburants qui y sont utilisés dégagent davantage de GES que les autres sources d’énergie utilisées dans les autres secteurs de l’économie.
Le secteur des transports comprend trois soussecteurs : le transport des voyageurs, le transport des marchandises et le transport hors route. En 2007, le transport des voyageurs et celui des marchandises représentaient respectivement 54 et 42 p. 100 de la consommation d’énergie dans le secteur, tandis que seulement 4 p. 100 était attribuable au transport hors route (voir la figure 1-18). Ce dernier sous-secteur ne fait pas l’objet d’une analyse plus détaillée en raison du peu de données disponibles et du faible pourcentage qu’il représente.
Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_tran_ca.cfm
Il existe trois modes de transport des voyageurs : routier, ferroviaire et aérien. Quant au sous-secteur du transport des marchandises, selon la définition retenue à RNCan, il en comprend quatre : routier, ferroviaire, aérien et maritime. Tous les programmes de RNCan axés sur la consommation d’énergie dans le secteur des transports mettent l’accent sur le transport routier. Entre 1990 et 2007, la consommation d’énergie dans le secteur des transports s’est accrue de 38 p. 100 (717 PJ). La consommation d’énergie liée au transport des voyageurs a augmenté de 19 p. 100 (228 PJ), alors que celle liée au transport des marchandises a augmenté de 70 p. 100 (445 PJ).
Entre 1990 et 2007, trois grands facteurs – l’activité, la structure et l’effet d’efficacité énergétique – ont influé sur la consommation d’énergie dans le transport des voyageurs :
Entre 1990 et 2007, trois grands facteurs – l’activité, la structure et l’effet d’efficacité énergétique – ont influé sur la consommation d’énergie dans le transport des marchandises :
La figure 1-19 illustre la progression de la part de marché des camions légers neufs dans les années 1990, faisant écho à la vogue grandissante des VUS et des fourgonnettes. Toutefois, cette tendance semble s’être stabilisée récemment, la part des camions légers étant demeurée stable au cours des dernières années. La part plus élevée des véhicules plus lourds et plus puissants a eu une grande incidence sur la hausse de la consommation d’énergie dans le sous-secteur du transport des voyageurs.
Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_tran_ca.cfm
Sans amélioration de l’efficacité énergétique, les hausses attribuables à l’activité et à la structure auraient entraîné une augmentation de 59 p. 100 de la consommation d’énergie dans le secteur des transports. Toutefois, entre 1990 et 2007, la consommation d’énergie réelle s’est accrue de seulement 38 p. 100. Au cours de cette période, l’efficacité énergétique dans le secteur des transports s’est améliorée de 22 p. 100, entraînant des économies de 10,3 milliards de dollars en 2007. La figure 1-20 illustre l’évolution de la consommation d’énergie entre 1990 et 2007 et les économies d’énergie estimatives réalisées grâce à l’efficacité énergétique.
Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_tran_ca.cfm
Les figures 1-21 et 1-22 illustrent la réduction de l’intensité énergétique du camionnage, en dépit d’une hausse de l’activité moyenne entre 1990 et 2007. L’amélioration des pratiques utilisées dans les parcs de véhicules, attribuable à la concurrence accrue dans le secteur des transports et à l’introduction des moteurs électroniques, a grandement rehaussé l’économie en carburant des camions moyens et lourds.
Source : oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/guide_tran_ca.cfm
Voici les initiatives de RNCan qui visent à accroître l’efficacité de l’utilisation des véhicules motorisés :
Les carburants de remplacement sont des carburants autres que l’essence et le diesel à base de pétrole. Certains carburants de remplacement, comme l’éthanol et le biodiesel, sont renouvelables; d’autres, comme le propane et le gaz naturel, sont non renouvelables. Les biocarburants de prochaine génération, le charbon transformé en liquide, l’électricité et l’hydrogène comptent parmi les autres sources d’énergies de remplacement possibles.
L’expression « carburant renouvelable » englobe une gamme de carburants fabriqués à partir de sources d’énergies renouvelables, qui se renouvellent naturellement dans une période relativement courte. La biomasse ainsi que l’énergie hydroélectrique, géothermique, éolienne et solaire sont au nombre de ces sources.
Les biocarburants constituent une catégorie bien connue de carburants renouvelables et peuvent être produits à partir d’une variété de sources. Les deux biocarburants que l’on trouve sur le marché sont l’éthanol et le biodiesel. L’éthanol classique est produit à partir de sucres ou d’amidons, et la production de biodiesel se fait habituellement à partir d’huiles végétales ou de graisses animales. Au Canada, l’éthanol est habituellement produit à partir du maïs et du blé, alors que l’huile de canola, de soya et le suif constituent la matière première du biodiesel.
Les véhicules à essence fabriqués depuis les années 1980 peuvent consommer de l’essence contenant jusqu’à 10 p. 100 d’éthanol, et de plus en plus de fabricants d’équipement d’origine adoptent l’utilisation de mélanges de biodiesel à plus faible teneur, par exemple, jusqu’à 5 p. 100 d’éthanol pour les moteurs diesels. Les biocarburants de prochaine génération, comme l’éthanol cellulosique, sont en conception. Ces biocarburants pourraient être fabriqués à partir de sources non classiques comme les résidus agricoles ou forestiers et les déchets.
Au Canada, la production de carburants renouvelables a augmenté depuis l’émergence de l’éthanol au Manitoba dans les années 1980. Entre 2005 et 2009, la capacité de production nationale de carburants renouvelables a augmenté d’approximativement un facteur de huit, passant de 211 millions de litres (L) à 1,65 milliard L par an. À la fin de 2009, la capacité de production d’éthanol était de 1,5 milliard L et la capacité de production de biodiesel était de plus de 150 millions L. Au cours de l’année civile 2009, 1,1 milliard L d’éthanol et approximativement 102 millions L de biodiesel ont été produits.
En 2008, les carburants renouvelables utilisés dans le secteur des transports représentaient autour de 2 p. 100 de la consommation de carburant. Le carburant renouvelable utilisé était surtout de l’éthanol mélangé en faible proportion à de l’essence.
Le Règlement sur les carburants renouvelables d’Environnement Canada, entré en vigueur le 15 décembre 2010, exige que les producteurs et les importateurs de carburant aient une teneur moyenne annuelle d’au moins 5 p. 100 en carburant renouvelable basée sur le volume d’essence produite et importée. Le gouvernement fédéral compte exiger une teneur de 2 p. 100 en carburant renouvelable pour le diesel et le mazout avant la fin de 2011, selon la faisabilité technique.
Voici les initiatives de RNCan qui visent à accroître l’utilisation et la production de carburants renouvelables et de remplacement :
² Les données présentées dans le chapitre sont pour la période 1990-2007. On invite les lecteurs à visiter le site Web de l’Office de l’efficacité énergétique où des données à jour sont fournies à mesure qu’elles sont disponibles.
3 Un pétajoule équivaut à 1 × 1015 joules.
4 Basé sur l'indice de l'OEE.
5 Un métajoule équivaut à 1 × 106 joules.