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Améliorer le rendement énergétique au Canada – Rapport au Parlement en vertu de la Loi sur l'efficacité énergétique pour l'année financière 2006-2007

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Chapitre 1 : Évolution de la consommation d'énergie

INTRODUCTION

Les Canadiens bénéficient d'une abondance de sources variées d'énergie. Cet avantage comparatif sur le plan de l'approvisionnement énergétique les aide à surmonter les désavantages économiques liés à un marché intérieur restreint, aux grandes distances, à un relief accidenté et à un climat relativement rigoureux. Il a également favorisé l'émergence d'industries particulièrement énergivores.

En 2005, les Canadiens ont dépensé près de 152 milliards de dollars en énergie pour chauffer et climatiser les habitations et les bureaux, faire fonctionner les appareils ménagers et les véhicules et mettre en oeuvre des procédés industriels. Cela représente 14,2 p. 100 du produit intérieur brut (PIB) du pays.

CONSOMMATION D'ÉNERGIE ET ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE

Il existe deux grands types de consommation d'énergie : primaire et secondaire. La consommation d'énergie primaire englobe l'énergie qui permet de répondre à l'ensemble des besoins de tous les consommateurs d'énergie, celle utilisée pour transformer une forme d'énergie en une autre (p. ex., le charbon en électricité) et celle utilisée par les fournisseurs pour acheminer l'énergie au consommateur. La consommation d'énergie secondaire est l'énergie consommée par les utilisateurs finaux à des fins résidentielles, commerciales, institutionnelles, industrielles, agricoles et de transport.

À l'heure actuelle, la consommation d'énergie primaire au Canada reflète les changements apportés au cours de plusieurs décennies à l'équipement et aux bâtiments consommateurs d'énergie, de même que l'évolution du comportement des consommateurs d'énergie. La consommation d'énergie primaire s'est accrue de 27 p. 100 entre 1990 et 2005, passant de 9 740 petajoules à 12 369 petajoules (PJ).

En 2005, la consommation d'énergie secondaire (8 475 PJ) représentait 68,5 p. 100 de la consommation d'énergie primaire au Canada. Elle était à l'origine de 66,2 p. 100 (495 mégatonnes [Mt]) des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) au Canada, si l'on inclut les émissions indirectes, à savoir celles produites par les services publics d'électricité pour répondre à la demande d'utilisation finale.

Le présent rapport traite des émissions de GES liées à l'énergie, qui comprennent le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l'oxyde nitreux (N2O). Le CO2 représente la plus grande part des émissions de GES au Canada. Sauf indication contraire, tous les chiffres mentionnés ci-après se rapportant au CO2 et aux GES incluent à la fois les émissions attribuables directement à la consommation d'énergie secondaire et les émissions indirectes liées à la production d'électricité.

De 1990 à 2005, on a enregistré une hausse de 21,9 p. 100 de la consommation d'énergie secondaire et de 21,5 p. 100 des émissions de GES connexes. L'intensité en GES de l'énergie consommée a changé au cours de cette période en raison du virage vers des combustibles à moindre intensité en GES, ce qui a compensé une hausse de la demande d'énergie. Le secteur industriel est celui qui consomme le plus d'énergie : il était à l'origine de 37,9 p. 100 de la consommation d'énergie secondaire totale en 2005. Le secteur des transports arrive au deuxième rang (29,5 p. 100), suivi du secteur résidentiel (16.5 p. 100), du secteur commercial et institutionnel (13,6 p. 100) et du secteur agricole (2,5 p. 100).

INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE ET EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

L'intensité énergétique globale correspond à la quantité d'énergie consommée par unité du PIB ou, selon le cas, par habitant. On exprime parfois l'efficacité énergétique en termes d'intensité énergétique globale, car il s'agit d'une mesure simple, directe et pour laquelle les données de calcul sont facilement accessibles. Cette mesure est cependant trompeuse car, en plus de l'efficacité énergétique même, elle tient compte, entre autres, de l'incidence des fluctuations des conditions météorologiques et des changements dans la structure de l'économie.

Pour bien mesurer l'évolution de l'efficacité énergétique au fil du temps, il faut normaliser ou calculer les variations dans la structure économique et les conditions météorologiques, de façon à les exclure de l'équation de l'intensité énergétique. L'Office de l'efficacité énergétique (OEE) de Ressources naturelles Canada (RNCan) applique une technique d'analyse de factorisation recon-nue à l'échelle internationale pour isoler l'incidence de l'efficacité énergétique sur l'évolution de la consommation d'énergie au Canada.

La figure 1-1 compare, pour le Canada, les variations annuelles d'un indice d'intensité énergétique avec l'indice des changements dans l'efficacité énergétique de l'OEE entre 1990 et 2005. Les indices présentent les améliorations aux chapitres de l'intensité et de l'efficacité énergétiques sous forme de tendance à la baisse.

Intensité énergétique et effet de l'efficacité énergétique, de 1990 à 2005.

ÉVOLUTION DE L'EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

RNCan publie tous les ans le rapport intitulé Évolution de l'efficacité énergétique au Canada, qui fait état des changements dans la consommation d'énergie (et les émissions de GES) et de l'incidence des facteurs clés suivants sur ces changements :

  • l'intensification de l'activité dans un secteur entraîne une hausse de la consommation d'énergie et des émissions. Dans le secteur résidentiel, par exemple, l'augmentation du nombre de ménages a pour effet d'accroître la consommation d'énergie;
  • les variations des conditions météorologiques entraînent des changements dans les besoins de chauffage et de climatisation des locaux. Ainsi, la consommation d'énergie augmente en général si l'hiver est particulièrement froid et si l'été est particulièrement chaud;
  • tout changement dans la structure de l'activité en faveur d'éléments d'activité plus énergivores se traduit par un accroissement de la consommation d'énergie et des émissions. Par exemple, si l'on observe dans le secteur industriel un ralentissement de l'activité dans l'industrie forestière et une intensification dans l'industrie sidérurgique, la consommation d'énergie augmentera, car la sidérurgie est plus énergivore que la foresterie;
  • un niveau de service plus élevé de l'équipement auxiliaire (p. ex., ordinateurs, télécopieurs et photocopieuses) accroît la consommation d'énergie et les émissions. Au cours des années 1990, ces types d'équipement ont été adoptés en grand nombre. Cependant, l'amélioration de leur fonctionnement a augmenté la productivité et atténué les hausses de consommation d'énergie liées à l'utilisation d'un plus grand nombre d'appareils;
  • l'efficacité énergétique renvoie au degré d'efficacité avec lequel on utilise l'énergie, par exemple la durée de fonctionnement d'un appareil ménager avec une quantité d'énergie donnée.

Dans le présent rapport, l'évolution de l'efficacité énergétique est le résultat net obtenu après av-oir tenu compte des changements dans la consommation d'énergie attribuables aux variations de l'activité, des conditions météorologiques, de la structure et du niveau de service. Dans la mesure où l'on n'a pas pris en compte d'autres facteurs influant sur la consommation d'énergie, cette mesure de l'amélioration de l'efficacité énergétique risque d'amplifier ou de minimiser le changement « réel ». Ainsi, dans le secteur industriel, dans une industrie comme celle des autres industries manufacturières, il est possible que des changements dans la consommation d'énergie soient attribuables à des changements dans la composition des produits, dont on ne fait pas état.

Entre 1990 et 2005, la consommation d'énergie secondaire a augmenté, passant de 6 952 à 8 475 PJ. Sans amélioration de l'efficacité énergétique, les hausses attribuables à l'activité, aux conditions météorologiques, à la structure et au niveau de service auraient entraîné un surcroît de consommation d'énergie secondaire de 37,7 p. 100. Toutefois, en raison d'une amélioration de l'efficacité énergétique de 15,8 p. 100 (1 096 PJ), la consommation d'énergie secondaire réelle a plutôt augmenté de 21,9 p. 100 pour atteindre 8 475 PJ.

TABLEAU 1-1

Explication des changements dans la consommation d'énergie secondaire, de 1990 à 2005
Secteurs
  Rés. Com./
Inst.
Ind. Trans.   Total** Change-
ment (%)
Consommation d'énergie en 1990 (PJ)* 1 286,2 867,0 2 721,8 1 877,9 6 952,1  
Consommation d'énergie en 2005 (PJ) 1 402,2 1 153,0 3 209,4 2 501,8 8 475,1  
Changement dans la consommation d'énergie (PJ) 115,9 286,0 487,6 624,0 1 523,0 21,9
Facteur explicatif (raison du changement)  
Activité 353,1 246,6 1 166,0 750,4 2 516,1 36,2
Conditions météorologiques 5,5 25,2 s.o. s.o. 30,8 0,4
Structure 7,1 -1,2 -331,1 186,8 -138,4 -2,0
Niveau de service 71,0 91,8 s.o. s.o. 162,9 2,3
Efficacité énergétique -320,9 -75,4 -347,3 -352,4 -1 096,0 -15,8
Autres facteurs   -1,01   39,2 47,7 0,7

*Petajoules
**Le total inclut également la consommation d'énergie du secteur agricole (qui ne figure pas sous « autres facteurs » dans le tableau).

La figure 1-2 illustre l'évolution de la consommation d'énergie entre 1990 et 2005, réelle et sans amélioration de l'efficacité énergétique. L'écart dans la consommation d'énergie attribuable à l'efficacité énergétique – l'économie d'énergie estimative – représente une réduction des coûts énergétiques de 20,1 milliards de dollars en 2005 et une réduction des émissions de GES de presque 64 mégatonnes. On trouvera aux chapitres 3 à 6 une estimation de l'évolution de l'efficacité énergétique dans chacun des quatre principaux secteurs d'utilisation finale. C'est dans le secteur résidentiel que les améliorations de l'efficacité énergétique ont été les plus marquées (24,9 p. 100), suivi du secteur des transports (18,8 p. 100), du secteur industriel (12,8 p. 100) et du secteur commercial et institutionnel (8,7 p. 100)².

Consommation d'énergie secondaire, réelle et sans amélioration de l'efficacité énergétique, de 1990 à 2005.

ÉVOLUTION AU CHAPITRE DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Le Canada est un chef en matière de production d'énergies renouvelables, avec près de 16 p. 100 de son approvisionnement en énergie primaire provenant de sources renouvelables en 2005. Bien qu'on associe souvent les énergies renouvelables à l'électricité, ces types d'énergies servent également à produire de l'énergie thermique (vapeur ou chaleur) ou des carburants. Sont au nombre des sources d'énergie renouvelables utilisées au Canada, les énergies hydraulique, éolienne, solaire et géothermique, et tirée de la biomasse.

Le Canada dispose d'un important approvisionnement en électricité renouvelable principalement en raison de l'utilisation répandue de l'hydroélectricité. En 2005, 60 p. 100 de la production d'électricité au Canada était assurée par de petites centrales hydroélectriques classiques, soit une production de plus de 358 térawattheures (TWh) comparativement à 337 TWh en 2004. Les petites centrales hydroélectriques (de moins de 50 mégawatts [MW]), ont fourni, avec une capacité installée de 3 401 MW, environ 2 p. 100 de l'électricité totale produite au Canada.

Les sources d'énergie renouvelables non hydroélectriques représentaient environ 2 p. 100 de l'ensemble de la production d'électricité au pays. La biomasse (biomasse résiduelle et vierge et gaz d'enfouissement) est la principale source de ce type d'énergie au Canada; toutefois, le recours à l'énergie éolienne augmente rapidement, cette industrie ayant passé d'une capacité de 139 MW en 2000 à 1 459 MW en 2006. On constate également une forte augmentation de la capacité dans le secteur de l'énergie photovoltaïque solaire, soit une hausse annuelle d'environ 20 p. 100 entre 1993 et 2006, en dépit de la base de référence très faible. En 2006, les systèmes photovoltaïques solaires installés au Canada ont produit au total 20,5 MW, soit une hausse de 3,7 MW par rapport à l'année précédente.

¹ Basé sur l'indice de l'OEE.

² Les données d'ensemble sur la consommation d'énergie figurant dans le présent rapport sont tirées du Bulletin sur la disponibilité et écoulement d'énergie au Canada (le Bulletin) publié par Statistique Canada. Il existe des différences entre le présent rapport et le document intitulé Perspectives des émissions du Canada : Une mise à jour concernant la répartition sectorielle des données sur la consommation d'énergie tirées du Bulletin. La répartition sectorielle utilisée dans la Mise à jour repose sur le document d'Environnement Canada intitulé Tendances des émissions de gaz à effet de serre au Canada, 1990-1997, tandis que le rapport utilise une définition mieux adaptée aux fins de l'analyse de l'utilisation finale de l'énergie. Il a fallu apporter certaines modifications aux données originales de Statistique Canada, comme il est expliqué à l'annexe A du Guide de données sur la consommation d'énergie, 1990 et 1997 à 2005 de RNCan.

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