Définition: Le secteur de la production d'électricité englobe la transformation d'autres formes d'énergie (combustibles fossiles, énergie hydraulique, énergie nucléaire et autres) en énergie électrique effectuée par les services publics et les producteurs industriels.
Entre 1990 et 2004, la consommation d'énergie servant à produire l'électricité a augmenté de 30 p. 100, passant de 3 002,0 à 3 903,0 PJ alors que les émissions de GES connexes ont augmenté de 36 p. 100, passant de 94,6 à 128,8 Mt. En raison de plusieurs circonstances, il y a eu un bris dans la tendance historique en 2003 et 2004 : une diminution de l'efficacité énergétique. De ce fait, la consommation d'énergie a augmenté de 30 p. 100 entre 1990 et 2004 au lieu des 28 p. 100 qui auraient été observés sans l'effet de l'efficacité énergétique (figure 7.1).
Figure 7.1 Consommation d'énergie tenant compte ou non de l'effet de l'efficacité énergétique, 1990-2004 (valeur-indice de 1990 = 1,0)
La figure 7.2 indique qu'entre 1990 et 2004, les facteurs suivants étaient à l'origine de la variation de la consommation d'énergie et des émissions de GES connexes :
Figure 7.2 Incidence de l'activité, de la structure et de l'efficacité énergétique sur la variation de la consommation d'énergie, 1990-2004 (petajoules)
La figure 7.3 montre que, dans l'ensemble, l'augmentation de la consommation d'énergie entre 1990 et 2004 était principalement attribuable à l'accroissement de l'activité, soit la quantité d'électricité produite pour répondre aux besoins des secteurs d'utilisation finale. L'effet de la structure sur la consommation d'énergie, qui varie en fonction des parts des combustibles utilisés, a une tendance à la hausse ces dernières années. La diminution de la part de la production hydroélectrique sur la production totale depuis 1996 est à l'origine de cette tendance. Afin de répondre à une demande accrue en électricité, les producteurs se tournent vers des procédés plus énergivores, telle la production d'électricité à partir du gaz naturel. De plus, l'effet de l'efficacité énergétique a contribué à la croissance de la consommation d'énergie depuis 2003, contrairement aux tendances historiques. En 2003, les niveaux d'eau de réservoirs de certaines provinces étaient bas, ce qui a entraîné une insuffisance de la production d'électricité. Afin de maintenir le niveau actuel de production, des centrales au charbon, vieilles et moins efficaces, ont été utilisées plus souvent que dans le passé, affectant l'efficacité énergétique globale du secteur de la production d'électricité. En 2004, les niveaux d'eau sont revenus à leurs niveaux normaux mais les centrales à combustibles fossiles n'ont pas fonctionné à leur efficacité optimale en raison de fréquents arrêts de service et de mises en service de la production exigés pour cette année-là, afin de répondre à la demande en électricité des secteurs d'utilisation finale.
Figure 7.3 Variation de la consommation d'énergie attribuable à l'activité, à la structure et à l'efficacité énergétique, 1990-2004 (petajoules)
Comme l'illustre la figure 7.4, les émissions de GES du secteur de la production d'électricité étaient de 36 p. 100 plus élevées en 2004 qu'en 1990, ce qui équivaut à 34,2 Mt de plus. Cette augmentation découle de l'accroissement à la fois de la consommation d'énergie et de l'intensité en GES de l'énergie consommée. Comparativement à 1990, la hausse de 5 p. 100 de l'intensité en GES était attribuable à l'augmentation relative de la production d'électricité à partir du coke pétrolier et du gaz naturel et à la diminution relative de l'utilisation des énergies nucléaire et hydraulique qui ne produisent pas de GES. Cependant, cet effet d'intensité est à son plus bas niveau depuis 1997 en raison de la remise en service, en 2003 et 2004, de trois réacteurs nucléaires en Ontario, en arrêt de service depuis la fin des années 1990, supplantant ainsi l'électricité produite à partir du charbon et du gaz naturel.
Figure 7.4 Incidence de la consommation d'énergie et de l'intensité en GES sur la variation des émissions de GES, 1990-2004 (mégatonnes d'équivalent C02)