Dans le présent rapport, l'intensité énergétique est définie comme étant la quantité d'énergie consommée par unité de surface, en gigajoules par mètres carrés (GJ/m²). Le niveau de l'intensité énergétique est évidemment tributaire de l'interaction de nombreux facteurs qu'il est difficile d'isoler et d'en étudier l'impact séparément. L'ECÉBCI nous permet toutefois de déterminer les principales caractéristiques influant sur la consommation d'énergie.

Importantes variations entre les régions canadiennes
De façon globale, le secteur commercial et institutionnel avait en 2000 une intensité de 1,58 GJ/m². Le niveau de l'intensité énergétique varie sensiblement d'une province et d'une région à l'autre. La région de l'Atlantique a la moins forte intensité avec un ratio de
1,13 GJ/m². Suivent dans l'ordre, le Québec (1,40 GJ/m²), la région des Prairies (1,62 GJ/m²), la Colombie-Britannique (1,68 GJ/m²) et l'Ontario (1,72 GJ/m²). De nombreux facteurs peuvent expliquer de tels écarts régionaux, notamment les structures commerciales et institutionnelles différentes dans chacune
des provinces, les variations climatiques importantes entre les régions, le type d'énergie utilisée, le type de construction et la dimension des bâtiments.

Faible intensité énergétique des nouveaux bâtiments
Les normes, les techniques, les matériaux et les types de construction varient beaucoup d'une décennie à l'autre et l'influence sur la consommation d'énergie n'en est pas moins directe. Les données de l'enquête démontrent nettement que les bâtiments de moindre intensité énergétique sont ceux construits à partir des années 80. Ces bâtiments ont globalement une intensité énergétique légèrement supérieure à 1,3 GJ/m². Les bâtiments ayant la plus haute intensité sont ceux construits lors de la décennie 1970-1979, avec une intensité de 1,83 GJ/m².

Forte intensité énergétique des petits bâtiments
Selon les données recueillies par l'ECÉBCI, un accroissement de la superficie du bâtiment ne va pas nécessairement de pair avec une augmentation du ratio d'intensité énergétique. Au contraire, il est démontré que les bâtiments ayant une superficie inférieure à 464 m², lesquels constituent la catégorie des petits bâtiments, ont une plus grande intensité, avec un ratio de 2,06 GJ/m². Plus de la moitié de ces bâtiments sont âgés de plus de 40 ans; ils ont donc été construits avant 1960.
La catégorie regroupant les bâtiments de 4 645 à 9 290 m² a la plus faible intensité énergétique, avec un ratio de 1,18 GJ/m². Comme nous l'avons mentionné précédemment, l'intensité énergétique d'un bâtiment dépend en partie de l'année où il a été construit. L'enquête nous révèle que 47 p. 100 des bâtiments dont la superficie est de 4 645 à 9 290 m² ont été construits après 1980. Le lien causal entre la superficie du bâtiment et l'intensité énergétique est toutefois difficile à établir puisque de nombreux facteurs externes influencent la consommation d'énergie, notamment les techniques de construction et les nouvelles technologies.

Les bâtiments appartenant à des particuliers démontrent la plus grande intensité énergétique
Les bâtiments ayant la plus grande intensité énergétique sont ceux appartenant à des particuliers, avec une intensité de 2,16 GJ/m², taux bien au-dessus de la moyenne canadienne de 1,58 GJ/m . Les bâtiments appartenant à des organismes privés ont, quant à eux, une intensité de 1,52 GJ/m², alors que ceux appartenant aux différents paliers de gouvernements (fédéral, provincial, municipal ou régional) ont un ratio de 1,38 GJ/m². Ce sont les bâtiments appartenant à des organismes à but non lucratif, avec un ratio de 1,27 GJ/m², qui ont la plus faible intensité. Les ratios relativement faibles des propriétés gouvernementales - de même que ceux des organismes à but non lucratif - peuvent s'expliquer non seulement par la nature même de leurs activités, mais également par le fait que ces propriétaires ont davantage accès à des programmes d'infrastructure.
Incidence du type d'activité sur la consommation d'énergie
Le type d'activité du bâtiment a une incidence directe sur la consommation d'énergie. Certains secteurs d'activité sont beaucoup plus énergivores que d'autres et le ratio d'intensité énergétique s'en trouve généralement accru. Le secteur d'activité ayant le taux d'intensité énergétique le plus élevé est celui des services alimentaires, avec une intensité de 3,34 GJ/m². Suivent dans l'ordre, le commerce de détail d'aliments avec 2,79 GJ/m², les soins de santé avec 2,46 GJ/m² et les bureaux avec 2,08 GJ/m². Le type d'activité ayant le taux d'intensité énergétique le plus faible est celui de l'éducation, avec un ratio de 0,94 GJ/m², suivi par les centres commerciaux et les entrepôts et commerces de gros, avec 1,32 GJ/m².
Il est évidemment impossible d'établir un lien linéaire et exhaustif entre le type d'activité et l'intensité énergétique, mais l'ECÉBCI relève néanmoins quelques pistes de réponse. À cet effet, et en guise de conclusion, l'étude de cas suivante se penche sur le secteur de l'éducation - le secteur d'activité au taux d'intensité énergétique le plus faible au Canada - en cherchant à dégager l'impact des caractéristiques des bâtiments sur son intensité.
