Pour la seule année 2000, 14 886 bâtiments, soit près de 11 p. 100, ont bénéficié de rénovations ou d'améliorations ayant, selon leur propriétaire, modifié de façon significative leur consommation d'énergie. Près du quart de ces rénovations touchaient le système de chauffage, contre 18 p. 100 pour la ventilation et la climatisation, et 17 p. 100 pour le sous-sol ou la fondation.

Les secteurs ayant effectué le plus grand nombre de travaux visant à améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments de façon significative sont ceux de la santé (plus du quart des bâtiments ayant subi de tels travaux en 2000) et de l'hébergement commercial et institutionnel (20 p. 100 des bâtiments). Les autres secteurs d'importance ayant bénéficié d'améliorations sont ceux du divertissement, des loisirs et de la récréation (18 p. 100 des bâtiments), l'administration (13 p. 100) et les lieux publics (12 p. 100).

Les raisons justifiant l'entreprise de travaux de rénovations sont variées, mais l'ECÉBCI a pu en déceler principalement trois. L'accroissement de la compétitivité économique est la raison la plus souvent invoquée lors de l'enquête pour motiver les travaux effectués en 2000 et concerne 42 p. 100 des bâtiments rénovés. Dans 32 p. 100 des cas, l'accès à un programme de financement s'est aussi révélé un facteur déterminant pour entreprendre des travaux d'amélioration éconergétique. En troisième lieu, les questions environnementales, considérées comme un facteur important, représentent 12 p. 100 des travaux.

Les propriétaires prêts à investir
L'ECÉBCI s'est également penchée sur la période de récupération qui serait jugée convenable pour qu'un organisme envisage d'entreprendre une mesure quelconque d'amélioration éconergétique du bâtiment. La durée moyenne de récupération jugée convenable pour l'ensemble des bâtiments commerciaux et institutionnels est de 4,8 années. La durée d'une telle période dépend évidemment de la teneur et de la nature des travaux entrepris. Toutes améliorations confondues, 57 p. 100 des propriétaires de bâtiments seraient prêts à considérer des travaux qui impliqueraient une récupération de cinq ans ou plus. Seulement 9 p. 100 envisageraient de tels travaux sous condition d'un délai rapide de récupération d'un an ou moins.
L'ECÉBCI révèle que les organismes privés sont moins enclins à entreprendre des travaux impliquant une longue période de récupération de l'investissement. Par exemple, 70 p. 100 des bâtiments appartenant à des organismes gouvernementaux pourraient profiter de travaux dont la période de récupération de l'investissement serait de cinq ans ou plus, contre 55 p. 100 des bâtiments appartenant à des particuliers.
Vers une plus grande efficacité énergétique
Beaucoup des travaux de rénovation se sont traduits par l'installation de différents dispositifs visant à améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments. L'ECÉBCI distingue deux types de mesures de conservation d'énergie : les mesures dans le domaine de l'éclairage et celles dans le domaine du chauffage et de la climatisation.
Éclairage avec consommation d'énergie réduite
Il existe diverses mesures et de nombreux dispositifs liés à l'éclairage qui visent à économiser de l'énergie. Le tableau 4 résume les principales mesures de conservation relatives à l'éclairage répertoriées par l'enquête, ainsi que leur taux d'application pour l'ensemble des bâtiments. Selon l'ECÉBCI, 54 p. 100 des bâtiments sont équipés d'un ou de plusieurs de ces dispositifs sur au moins 25 p. 100 de leur surface de plancher, 44 p. 100 à plus de la moitié de leur surface et 31 p. 100 à plus de 90 p. 100. Près de 30 p. 100 des bâtiments ne disposent d'aucun dispositif permettant de diminuer la consommation d'énergie relativement à l'éclairage. Seuls les bâtiments comportant des mesures de conservation pour plus de la moitié de la surface de plancher seront retenus aux fins de la présente analyse.
| Dispositif | Taux |
| Ballasts à haut rendement énergétique | 42% |
| Lampes éconergétiques | 30% |
| Interrupteurs horaires | 22% |
| Réflecteurs | 21% |
| Interrupteurs gradateurs manuels | 21% |
| Manettes de commande sensibles à la lumière | 13% |
| Détecteurs de présence | 9% |
| Grandeur du bâtiment | Taux |
| Grands bâtiments | 70% |
| Petits bâtiments | 37% |
| Année de construction | |
| Entre 1990 et 1999 | 62% |
| Avant 1960 | 37% |
| Secteurs d'activité (Taux élevés) | |
| Divertissement et loisirs | 64% |
| Éducation | 62% |
| Administration | 57% |
| Secteurs d'activité (Taux faibles) | |
| Hébergement commercial et institutionnel | 23% |
| Commerce de détail non alimentaire | 32% |
| Services non alimentaires | 32% |
Selon l'ECÉBCI, plus les bâtiments sont grands, plus ils sont proportionnellement nombreux à être équipés de dispositifs de conservation d'énergie pour l'éclairage. Près de 70 p. 100 des grands bâtiments de 4 645 m² ou plus sont dotés de tels dispositifs - taux largement supérieur à la moyenne canadienne de 44 p. 100 - contre seulement 37 p. 100 pour les petits bâtiments de moins de 465 m². En comparant les taux d'application des mesures selon l'âge des bâtiments, nous constatons qu'il existe également un décalage important. Les bâtiments construits entre 1990 et 1999 ont un taux d'application de mesures de 62 p. 100 relativement à l'éclairage, contre 37 p. 100 pour les bâtiments construits avant 1960.
Toutes proportions gardées, les secteurs d'activité où le taux d'application de mesures de conservation de l'éclairage est le plus élevé sont ceux du divertissement et des loisirs, de l'éducation ainsi que de l'administration, avec un taux d'environ 60 p. 100. À l'inverse, moins du quart des bâtiments du secteur de l'hébergement commercial et institutionnel sont équipés de tels dispositifs. Le taux d'application de ces mesures est aussi relativement faible pour les services non alimentaires et le commerce de détail non alimentaire, avec moins du tiers des bâtiments.
| Dispositif | Canada | Grands bâtiments plus de 4 645 m²) | Petits bâtiments (moins de 465 m²) | Construits entre 1990 et 1999 | Construits avant 1960 |
| Équipement de retour au point de consigne de la température | 38% | 60% | 31% | 50% | 36% |
| Économiseur d'air pour l'extérieur | 34% | 67% | 23% | 50% | 29% |
| Réenclencheur d'équipement | 30% | 60% | 21% | 43% | 27% |
| Mécanisme de volume d'air variable | 28% | 53% | 20% | 40% | 23% |
| Système de récupération de chaleur | 13% | 28% | 10% | 21% | 11% |
Chauffage et climatisation : s'équiper pour moins consommer
Le tableau 6 résume les principales mesures de conservation présentes dans les domaines du chauffage et de la climatisation, ainsi que leur taux d'application respectif pour l'ensemble des bâtiments. Notons que 38 p. 100 des bâtiments commerciaux et institutionnels possèdent un équipement de retour au point de consigne de la température. Plus du tiers des bâtiments sont également équipés d'un appareil qui utilise l'air extérieur pour la climatisation. Seulement 13 p. 100 sont dotés d'un système de récupération de chaleur.
Le taux d'application de mesures de conservation pour le chauffage et la climatisation varie notamment en fonction de la dimension des bâtiments. Le tableau 6 compare les taux des petits et des grands bâtiments. Toutes proportions gardées, les grands bâtiments sont beaucoup plus souvent munis de dispositifs de conservation de l'énergie. Par exemple, les deux tiers des grands bâtiments ont un économiseur d'air pour l'extérieur, proportion qui n'est que de 23 p. 100 pour les petits bâtiments. L'enquête démontre que les constructions récentes sont également davantage équipées de dispositifs de conservation de l'énergie que les constructions plus anciennes. Toujours pour le même exemple, la moitié des bâtiments construits entre 1990 et 1999 sont équipés d'un économiseur d'air pour l'extérieur, contre 29 p. 100 pour les bâtiments construits avant 1960.