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Évolution de l'efficacité énergétique au Canada, de 1990 à 2004

Chapitre 5. Secteur industriel

Définition: Le secteur industriel canadien englobe l'ensemble des industries manufacturières, l'exploitation minière, les activités forestières et la construction.

Changements des données du produit intérieur brut et de la production brute

La majorité des données d'activité utilisées par l'OEE à des fins d'analyse dans le secteur industriel proviennent d'Informetrica Limited. Récemment Informetrica Limited a révisé son modèle, en ajoutant de nouvelles catégories d'investissement, d'importation, d'exportation et de consommation tout en améliorant ses techniques d'estimation, particulièrement en ce qui concerne les prix. Pour cette raison, cette année, il y a eu quelques révisions de la série historique du PIB ainsi que des changements considérables aux estimations de la PB industrielle qui sont utilisées dans ce rapport.

Entre 1990 et 2004, on a enregistré une hausse de la consommation d'énergie du secteur industriel de 21  p. 100, passant de 2 717,4 à 3 277,5 PJ et des émissions de GES connexes (incluant celles liées à l'électricité) de 20  p. 100, passant de 141,7 à 169,7 Mt. En ne tenant pas compte de l'amélioration de l'efficacité énergétique, la consommation d'énergie aurait augmenté de 32  p. 100 entre 1990 et 2004, au lieu des 21  p. 100 observés (figure 5.1).

Figure 5.1 Consommation d'énergie tenant compte ou non de l'amélioration de l'efficacité énergétique, 1990-2004 (valeur-indice de 1990 = 1,0)

Consommation d'énergie tenant compte ou non de l'amélioration de l'efficacité énergétique, 1990-2004 (valeur-indice de 1990 = 1,0).


Cette année, Informetrica Limited a apporté des changements importants aux données touchant la PB industrielle utilisées dans ce rapport (voir l'encadré au début du chapitre). La mesure d'activité de plus de la moitié des 49 industries analysées par l'OEE étant la PB, cela a eu une répercussion considérable sur l'analyse de factorisation présentée à la figure 5.2. Comparativement aux rapports précédents, les effets de l'activité et de la structure ont été réduits puisque, en se basant sur les meilleurs renseignements, le taux de croissance de la série historique de la PB a été révisé à la baisse pour plusieurs industries manufacturières à moindre intensité énergétique. De ce fait, l'effet de l'efficacité énergétique est également moindre.

La figure 5.2 indique qu'entre 1990 et 2004, les facteurs suivants étaient à l'origine de la variation de la consommation d'énergie et des émissions de GES connexes :

  • une augmentation de l'activité industrielle (une combinaison des éléments de PIB, de PB et d'unités de production) de 40  p. 100 a entraîné une hausse de la consommation d'énergie de 1 097,8 PJ et des émissions de GES connexes de 56,8 Mt;

  • les changements structurels observés dans le secteur industriel, plus particulièrement une baisse relative de l'activité des industries à forte intensité énergétique, ont contribué à réduire la consommation d'énergie du secteur de 223,9 PJ et les émissions de GES de 11,6 Mt. Il est à noter que les industries consommant plus de 6 MJ par dollar de PIB (p. ex., pâtes et papier, raffinage pétrolier et exploitation minière en amont) représentaient 42  p. 100 du PIB industriel en 1990 comparativement à 34  p. 100 en 2004;

  • l'efficacité énergétique accrue du secteur industriel s'est traduite par une réduction de la consommation d'énergie de 313,9 PJ et des émissions de GES de 16,2 Mt.

Figure 5.2 Incidence de l'activité, de la structure et de l'efficacité énergétique sur la variation de la consommation d'énergie, 1990-2004 (petajoules)

Incidence de l'activité, de la structure et de l'efficacité énergétique sur la variation de la consommation d'énergie, 1990-2004 (petajoules).


Entre 1995 et 2004, l'augmentation de la consommation d'énergie causée par une croissance robuste de l'activité a partiellement été contrebalancée par un changement favorisant les industries moins énergivores dans la structure industrielle et des améliorations importantes sur le plan de l'efficacité énergétique (figure 5.3). Cet effet compensatoire a toutefois été moins marqué depuis 2001. Entre 2000 et 2004, des hausses de l'intensité énergétique dans certaines industries telles que l'exploitation minière en amont, l'industrie des engrais et l'exploitation forestière ont masqué les progrès réalisés par d'autres industries, expliquant en partie la baisse de l'efficacité énergétique. Un autre des facteurs ayant contribué à cette baisse est un taux plus faible d'utilisation de la capacité (rapport entre la production réelle et la production potentielle) depuis 2000 dans l'ensemble du secteur. Des niveaux de production inférieurs signifient que les coûts énergétiques fixes sont divisés entre un moins grand nombre d'unités de production, diminuant ainsi les niveaux d'efficacité globaux.

L'efficacité énergétique s'est améliorée de 12 p.100 dans le secteur industriel entre 1990 et 2004. Les économies liées à l'efficacité énergétique en 2004 seulement étaient de :
  • 313,9 PJ d'énergie
  • 3,1 milliards de dollars en coûts d'énergie
  • 16,2 Mt de GES liés à l'énergie

Figure 5.3 Variation de la consommation d'énergie attribuable à l'activité, à la structure et à l'efficacité énergétique, 1990-2004* (petajoules)

Variation de la consommation d'énergie attribuable à l'activité, à la structure et à l'efficacité énergétique, 1990-2004* (petajoules).

* Pour le rapport qui porte sur 2001, l'Enquête sur la consommation industrielle d'énergie a été convertie au SCIAN. Statistique Canada, à la demande de l'OEE, a révisé les séries historiques et produit des données industrielles basées sur le SCIAN pour 1990 et 1995 à 2000. Pour certaines industries, les données basées sur le SCIAN ne sont pas disponibles actuellement pour la période de 1991 à 1994, ce qui explique l'absence d'analyse pour cette période.


Comme l'illustre la figure 5.4, les émissions de GES du secteur industriel, incluant celles liées à l'électricité, ont été de 20  p. 100 plus élevées en 2004 qu'en 1990, soit de 28,0 Mt. Cette augmentation des émissions est attribuable à une hausse de la consommation d'énergie. Le changement de l'intensité en GES était minime puisque le virage vers l'utilisation de combustibles à moins forte intensité en GES du secteur industriel a été contrebalancé par une intensité en GES plus élevée pour la production d'électricité.

Figure 5.4 Incidence de la consommation d'énergie et de l'intensité en GES sur la variation des émissions de GES, incluant et excluant celles liées à l'électricité, 1990-2004 (mégatonnes d'équivalent C02)

Incidence de la consommation d'énergie et de l'intensité en GES sur la variation des émissions de GES, incluant et excluant celles liées à l'électricité, 1990-2004 (mégatonnes d'équivalent CO2).


Si l'on exclut les émissions de GES liées à l'électricité, on constate une hausse de 13  p. 100, soit de 13,8 Mt, des émissions de GES entre 1990 et 2004 (figure 5.4). L'augmentation relative de la consommation de biomasse ainsi que la baisse de la consommation des mazouts lourds, de coke et de gaz de fours à coke, expliquent la diminution de 6  p. 100 de l'intensité en GES au cours de la période visée.