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La baisse marquée de la consommation unitaire d’énergie (CUE) de bon nombre de gros appareils ménagers signifie que ces derniers consomment moins d’énergie que si leur efficacité énergétique n’avait pas été améliorée. Dans ce chapitre, la consommation et les économies d’énergie sont quantifiées afin d’illustrer l’importance des améliorations en matière d’efficacité énergétique réalisées au cours des 20 dernières années, tant à l’échelle des ménages qu’à l’échelle nationale.
La CUE annuelle moyenne des appareils ménagers neufs a diminué considérablement entre 1990 et 2009 (voir la figure 13). La consommation d’électricité d’un ménage ayant acheté un ensemble complet d’appareils ménagers en 2009 pourrait s’élever, en moyenne, à un peu moins de 2 800 kilowattheures par an (kWh/an), soit près de la moitié de la consommation d’électricité d’un ensemble d’appareils acheté en 1990 (en supposant des modes d’utilisation similaires17).
Figure 13 CUE annuelle moyenne des appareils ménagers, 1990 et 2009
Entre 1990 et 2009, ce sont les laveuses qui ont enregistré la baisse de la CUE annuelle moyenne la plus importante (984 kWh/an, soit 81 p. 100). Cette diminution est due à la fois à l’amélioration de l’efficacité énergétique de tous les types de laveuse et à la popularité croissante des appareils à chargement frontal (qui sont plus éconergétiques que les modèles à chargement par le haut).
Au cours de cette même période, on constate également une amélioration considérable de la CUE annuelle moyenne des lave-vaisselle (701 kWh/an, soit 68 p. 100). Toutefois, cette amélioration est en partie attribuable à un changement dans la façon dont la CUE est mesurée (la fréquence d’utilisation présumée a été révisée à la baisse afin de tenir compte des habitudes des ménages avec plus de précision) et ne représente donc pas uniquement une amélioration de l’efficacité énergétique. Selon la fréquence d’utilisation révisée, la CUE annuelle moyenne des lave-vaisselle en 1990 serait plutôt de 836 kWh/an, entraînant ainsi une amélioration de l’efficacité énergétique de 61 p. 100 (et non pas de 68 p. 100).
Entre-temps, la CUE annuelle moyenne des réfrigérateurs a diminué de 526 kWh/an (55 p. 100) entre 1990 et 2009, en partie en raison de l’utilisation de compresseurs plus efficaces et d’une meilleure isolation des appareils. Cette réduction a été réalisée en dépit d’une hausse des expéditions de réfrigérateurs plus gros, grâce à des gains d’efficacité énergétique plus marqués pour les gros appareils au cours de la période. Par conséquent, même si la part des plus gros réfrigérateurs a augmenté, la CUE annuelle moyenne de tous les réfrigérateurs a diminué. Toutefois, les données supplémentaires obtenues des fabricants de réfrigérateurs en 2009 indiquent une augmentation de la proportion de réfrigérateurs compacts (ceux d’un volume inférieur à 10,4 pieds cubes) expédiés. La répartition des réfrigérateurs selon le volume est décrite brièvement au tableau A.5 de l’annexe A.
On constate une diminution de la CUE annuelle moyenne de 254 kWh/an (33 p. 100) des cuisinières électriques; en raison de la nature de ces appareils, la technologie actuelle offre peu de possibilités d’en améliorer davantage la consommation d’énergie. En outre, la diminution observée est en partie attribuable à un changement dans la façon de mesurer la CUE et ne représente donc pas seulement une amélioration de l’efficacité énergétique (la fréquence d’utilisation présumée du cycle d’autonettoyage a été révisée à la baisse afin de mieux tenir compte des habitudes des ménages). Ce changement a réduit la CUE annuelle moyenne des cuisinières à four autonettoyant d’approximativement 35 à 50 kWh/an.
La réduction de la CUE a été relativement moindre pour les congélateurs (89 kWh/an, soit 20 p. 100) en partie en raison d’un délaissement des congélateurs horizontaux (type 10) en faveur des modèles verticaux (type 9), moins éconergétiques. Toutefois, les données supplémentaires fournies par les fabricants de congélateurs en 2009 indiquent également une part de marché considérable pour les congélateurs horizontaux compacts au cours de cette année. Tel qu’il a été signalé auparavant, les données sur les congélateurs sont moins exhaustives que sur les autres appareils ménagers et peuvent ne pas être représentatives du marché canadien. En raison de l’effort plus important de l’Association canadienne des fabricants de gros appareils ménagers (ACFGAM), ces récentes données supplémentaires sur les expéditions contribueront à donner un portrait plus réaliste du marché des congélateurs au cours des prochaines années.
Comme pour les cuisinières électriques, il existe peu de possibilités d’améliorer l’efficacité énergétique des sécheuses électriques en raison de la nature de ces appareils, même si l’on constate un gain de popularité des sécheuses à plus grande capacité. Entre 1992 et 2009, la CUE annuelle moyenne des sécheuses électriques a diminué de 62 kWh/an (6 p. 100). La part croissante des laveuses à chargement frontal a contribué à réduire la consommation d’énergie des sécheuses, car ce type de laveuse retire davantage d’humidité des vêtements avant qu’ils soient placés dans la sécheuse (bien que ce changement ne soit pas intégré aux données). En outre, les capteurs d’humidité des sécheuses électriques arrêtent automatiquement l’appareil lorsque les vêtements sont suffisamment secs.
L’efficacité énergétique accrue des gros appareils ménagers devrait réduire les coûts en énergie des ménages, si l’on suppose que les habitudes d’utilisation demeurent constantes. La figure 14 indique les coûts annuels en énergie d’un ensemble d’appareils ménagers ordinaires acheté en 1990 comparativement à un ensemble acheté en 2009. Si l’on suppose un prix d’électricité de 9,7 cents/kWh18, les coûts annuels en électricité pour l’ensemble d’appareils acheté en 1990 s’élèveraient à approximativement 535 dollars, comparativement à approximativement 270 dollars pour les appareils achetés en 2009, soit une réduction de près de la moitié.
Figure 14 Coût d’électricité unitaire annuel moyen des appareils ménagers achetés en 1990 et en 2009
L’ampleur des économies est directement proportionnelle à la réduction de la CUE moyenne de chaque appareil ménager. On enregistre la plus grande réduction des coûts en énergie pour les laveuses et les lave-vaisselle, et la moins grande pour les sécheuses électriques et les congélateurs. Signalons que les économies réalisées pour les lave-vaisselle et les cuisinières électriques sont dues en partie aux changements concernant les habitudes d’utilisation et la méthode d’analyse, et non à une amélioration de l’efficacité énergétique.
Dans cette section, la consommation et les économies d’énergie totales sont quantifiées pour tous les gros appareils ménagers expédiés entre 1990 et 2009. L’analyse ne vise pas à évaluer exhaustivement la consommation d’énergie à l’échelle nationale. Elle donne plutôt une idée de l’ampleur et de l’importance relative des économies d’énergie réalisées à l’échelle du pays pour différents appareils ménagers.
Dans la figure 15, les économies d’énergie découlant de l’amélioration de l’efficacité énergétique entre 1992 et 2009 sont quantifiées à l’aide des données sur les expéditions collectées par RNCan. La courbe du bas représente la consommation d’énergie totale des courbes représente par conséquent une estimation gros appareils ménagers expédiés au Canada entre des économies d’énergie provenant de 1992 et 2009, alors que celle du haut représente la consommation d'énergie totale des gros appareils ménagers expédiés au Canada entre 1992 et 2009, alors que celle du haut représente la quantité d'énergie totale qui aurait été consommée en l'absence de toute amélioration de l'efficacité énergétique depuis 1992. La zone entre les deux courbes représente par conséquent une estimation des économies d'énergie provenant de l’amélioration de l’efficacité énergétique des appareils ménagers expédiés au cours de cette période.
Figure 15 Consommation d’énergie de tous les appareils expédiés, avec et sans amélioration de l’efficacité énergétique, de 1992 à 2009
Par exemple, la consommation d’énergie de tous les appareils expédiés entre 1992 et 2009 est estimée à un peu plus de 106 pétajoules (PJ), soit 30 milliards de kWh, ce qui représente l’énergie consommée cette année-là par tous les appareils expédiés durant cette période, à l’exception des appareils en fin de vie utile. Cependant, sans l’amélioration de l’efficacité énergétique réalisée depuis 1992, la consommation de ces appareils s’élèverait à plus de 160 PJ. Cette différence de près de 54 PJ (l’équivalent de la consommation d’énergie annuelle de plus de 510 000 ménages) représente les économies d’énergie découlant de l’amélioration de l’efficacité énergétique des gros appareils ménagers au cours de la période de 1992 à 200919.
Dans la figure 16, les économies d’énergie susmentionnées (représentées par la zone entre les deux courbes de la figure 15) sont réparties en fonction de chaque appareil. Les laveuses, les réfrigérateurs et les lave-vaisselle représentent la plus grande partie des économies d’énergie, en raison des améliorations considérables apportées à l’efficacité énergétique de ces appareils. Les économies d’énergie sont moins élevées pour les sécheuses et les cuisinières électriques en raison d’améliorations moins marquées apportées à l’efficacité énergétique de ces appareils. Cependant, les congélateurs représentent les économies d’énergie les moins élevées, en raison de leur faible taux de pénétration sur le marché et du fait que les données disponibles sur les expéditions représentent une plus petite part du marché que celles des autres appareils.
Figure 16 Économies d’énergie selon l’appareil expédié, de 1992 à 2009
Cette analyse de la consommation et des économies d’énergie donne une idée de l’ampleur et de l’importance relative des économies d’énergie réalisées à l’échelle du pays pour différents appareils. Toutefois, elle ne constitue pas une évaluation nationale exhaustive de la consommation d’énergie de tous les gros appareils pour au moins deux raisons. D’abord, les données sur les expéditions ne sont pas l’expression de l’ensemble du marché canadien. Selon l’ACFGAM, les fabricants représentent plus de 90 p. 100 du marché canadien. La deuxième raison est que nous ne cherchons pas à estimer la totalité du parc de chaque type d’appareil au Canada (même si nous estimons le nombre d’appareils directement lié aux données sur les expéditions depuis 1990).
En outre, en ce qui concerne les économies d’énergie, plusieurs facteurs pourraient avoir une incidence sur l’importance des estimations fournies dans ce document, y compris :
17 Exclut les lave-vaisselle (dont les cotes reposent sur une utilisation moins fréquente après 2003) et les cuisinières électriques à four autonettoyant (dont les cotes reposent sur un nombre moins élevé de cycles de nettoyage après 2002).
18 Il s’agit du prix moyen facturé dans le secteur résidentiel au Canada en 2009 (Ressources naturelles Canada, 2011, Guide de données sur la consommation d’énergie, 1990 à 2009, tableau 18, secteur résidentiel, oee.rncan.gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/tableauxguide2/res_00_18_f_4.cfm.
19 Pour les détails sur les hypothèses utilisées pour ces calculs, consultez l’annexe A.2 de Consommation d’énergie des gros appareils ménagers expédiés au Canada, Tendances pour 1990 à 2008 (Ottawa : 2010), p. 50. Disponible à oee.rncan.gc.ca/Publications/statistiques/acfgam10/annexea.cfm.