Ressources naturelles Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Liens de l'Office de l'efficacité énergétique

 

L'Office de l'efficacité énergétique

Menu

Améliorer le rendement énergétique au Canada – Rapport au Parlement en vertu de la Loi sur l'efficacité énergétique pour l'année financière 2006-2007

Version PDF | Table des matières | Suivant

Chapitre 3 : Habitation

CONSOMMATION D'ÉNERGIE ET ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE

Le secteur résidentiel comprend quatre types principaux de logements : les maisons unifamiliales, les maisons individuelles attenantes, les appartements et les maisons mobiles. L'énergie est utilisée dans les logements pour chauffer et climatiser les pièces, chauffer l'eau et faire fonctionner les appareils ménagers, les appareils électroniques et les appareils d'éclairage. On attribue à ce secteur 16,5 p. 100 (1 402 petajoules [PJ]) de la consommation d'énergie secondaire et 14,9 p. 100 (74 mégatonnes [Mt]) des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Les maisons unifamiliales constituent la majorité des logements canadiens, suivies des appartements, des maisons individuelles attenantes et des maisons mobiles (voir la figure 3-1). Vu la prédominance des maisons unifamiliales et des maisons individuelles attenantes, la plupart des programmes de Ressources naturelles Canada (RNCan) visant les bâtiments résidentiels sont axés sur ces types de logements.

Le chauffage des pièces et de l'eau représente 78 p. 100 de la consommation d'énergie du secteur résidentiel, suivi du fonctionnement des appareils ménagers, de l'éclairage et de la climatisation (voir la figure 3-2).

Ménages canadiens selon le type de logement, 2005.

Entre 1990 et 2005, la consommation d'énergie dans le secteur résidentiel a augmenté de 9 p. 100, soit de 116 PJ (passant de 1 286 à 1 402 PJ), tandis que les émissions de GES se sont accrues de 6,3 p. 100. L'intensité en GES a peu changé au cours de la période du fait que le virage en faveur de sources d'énergie à moindre intensité a compensé la hausse de l'intensité en GES attribuable à la production d'électricité.

Cinq grands facteurs – l'activité, les conditions météorologiques, la structure, le niveau de service et l'efficacité énergétique – ont influé sur la consommation d'énergie dans le secteur résidentiel :

  • l'activité – l'augmentation du nombre de ménages et de la superficie des logements (principales mesures de l'activité résidentielle) a entraîné une hausse de la consommation d'énergie de 27,5 p. 100 (353 PJ);
  • les conditions météorologiques – les conditions observées à l'hiver de 2005 étaient comparables à celles de l'hiver 1990; toutefois, les températures de l'été étaient beaucoup plus élevées, ce qui a entraîné une hausse de 0,4 p. 100 (6 PJ) de la consommation d'énergie en 2005 comparativement à 1990;
  • la structure – la part relative des ménages par type de logement (maisons individuelles, appartements et autres) a changé au cours de la période, entraînant une hausse de la consommation d'énergie de 0,6 p. 100 (7 PJ) en 2005 comparativement à 1990;
  • le niveau de service – le taux de pénétration accru des appareils ménagers et l'augmentation de la superficie où sont utilisés des appareils de climatisation ont entraîné une hausse de la consommation d'énergie de 5,5 p. 100 (71 PJ);
  • l'efficacité énergétique – l'amélioration de l'efficacité énergétique a permis de réduire la consommation d'énergie de 24,9 p. 100 (321 PJ).

Consommation d'énergie dans le secteur résidentiel selon le type d'utilisation finale, 2005.

La figure 3-3 illustre l'évolution de la consommation d'énergie dans le secteur résidentiel entre 1990 et 2005, de même que les économies d'énergie estimatives attribuables à l'efficacité énergétique. La figure 3-4 présente les variations dans la consommation d'énergie de maisons construites à différentes périodes, qui reflètent les améliorations dans la construction des habitations.

Consommation d'énergie réelle et sans amélioration de l'efficacité énergétique dans le secteur résidentiel, de 1990 à 2005.


Consommation d'énergie annuelle pour le chauffage de maisons construites selon diverses normes.


La hausse de la consommation d'énergie dans le secteur résidentiel découlait en grande partie de l'accroissement de l'activité. Cet accroissement, plus précisément l'augmentation de la surface de plancher totale et du nombre de ménages, était attribuable à l'augmentation de la superficie moyenne des maisons neuves, à l'accroissement de la population et à la diminution du nombre de personnes par ménage (voir la figure 3-5). Ces hausses ont été en partie compensées par une amélioration considérable de l'efficacité énergétique. Des changements dans la structure ont également accru la consommation d'énergie en raison d'une augmentation du nombre de personnes vivant dans des maisons unifamiliales et de la diminution de la part relative des personnes vivant en appartement. Par ailleurs, le niveau de service a augmenté la demande en énergie; en 2005, on a constaté une hausse du nombre de Canadiens qui ont climatisé leur maison au cours de l'été et du nombre d'appareils ménagers qu'ils ont utilisés par rapport à 1990.

Nombre de ménages, superficie des maisons neuves et indices d'intensité énergétique, de 1990 à 2005.


La figure 3-6 illustre l'amélioration de la consommation d'énergie moyenne des appareils ménagers neufs en comparant les modèles de 1990 avec ceux de 2005.

Consommation d'énergie moyenne des appareils ménagers neufs, modèles de 1990 et de 2005.

Les initiatives de RNCan visent à accroître l'efficacité énergétique dans les sous-secteurs résidentiels suivants :

  • les maisons neuves;
  • les maisons existantes;
  • le matériel utilisé dans le secteur résidentiel (voir le chapitre 2).

MAISONS NEUVES :
Norme R-2000 et ÉnerGuide pour les maisons (neuves)

Objectif : Accroître la part de marché des maisons neuves éconergétiques en encourageant l'adoption de nouvelles pratiques de construction et en attribuant une cote de rendement énergétique aux maisons.

La Norme R-2000 est une norme volontaire de rendement technique qui incite l'industrie à bâtir, et les consommateurs à acheter, des maisons plus éconergétiques et plus respectueuses de l'environnement que ne l'exigent les codes du bâtiment en vigueur au pays. RNCan offre une formation aux constructeurs et autres spécialistes sur les pratiques et les techniques de construction conformes à la Norme R-2000, et leur octroie une licence. En outre, le Ministère prévoit un contrôle de la qualité effectué par des tiers qui vérifient les maisons et attestent qu'elles sont conformes à la Norme R-2000.

ÉnerGuide pour les maisons (neuves) est une initiative d'attribution de cote du rendement éner-gétique et d'étiquetage qui vise à inciter l'industrie à bâtir, et les consommateurs à acheter, des maisons plus éconergétiques. Le système ÉnerGuide pour les maisons fait fond sur la Norme R-2000 et la formation qui s'y rattache, et il s'adresse aux grands entrepreneurs en construction. Au cours de l'exercice 2006-2007, on a enregistré une réduction de 0,089 Mt des émissions de GES.

Principales réalisations en 2006-2007

  • Cent soixante-neuf ateliers ont eu lieu à l'échelle nationale et 2 433 personnes ont reçu une formation sur les systèmes de construction éconergétiques pour le secteur des maisons neuves.
  • Un soutien a été accordé à l'Institut canadien du chauffage, de la climatisation et de la réfrigération et 38 cours sur la conception et l'installation de systèmes de chauffage, ventilation et climatisation (CVC) ont été offerts à 557 personnes.
  • Un taux de pénétration de 10 p. 100 a été observé dans le marché des maisons neuves de l'Ontario (soit 45 p. 100 des nouvelles mises en chantier au Canada), résultant principalement des efforts déployés avec les constructeurs de maisons en série.
  • On a collaboré avec les provinces en vue d'intégrer aux codes du bâtiment des exigences en matière d'efficacité énergétique. La Colombie-Britannique, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario et le Québec ont annoncé des mesures pour atteindre un niveau de cote énergétique de 80 d'ici 2012. La cote minimale pour les maisons R-2000 a été fixée à 80.

Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site :
oee.rncan.gc.ca/r-2000/francais.

Nombre de mises en chantier de maisons admissibles à la certification R-2000, de 1990 à 2006.

MAISONS EXISTANTES :
ÉnerGuide pour les maisons et encouragement éconergétique

Objectif : Inciter les Canadiens à améliorer l'efficacité énergétique de leur logement.

ÉnerGuide pour les maisons offre aux propriétaires canadiens des conseils d'expert personnalisés sur la meilleure façon d'améliorer le rendement énergétique de leur logement, en particulier lorsqu'ils entreprennent des projets de rénovation et d'entretien. Dans le cadre d'ÉnerGuide pour les maisons, un encouragement éconergétique a été lancé officiellement en octobre 2003. Selon les termes de cet encouragement, les propriétaires de maison étaient admissibles à une subvention non imposable représentant de 10 à 20 p. 100 de leurs dépenses en rénovation. La valeur de la subvention était fondée sur l'amélioration de la cote énergétique de la maison, laquelle était déterminée à l'aide d'évaluations énergétiques ÉnerGuide pour les maisons effectuées avant et après les travaux. Le programme a pris fin en 2006. Toutefois, un financement de 45 millions de dollars a été octroyé pour les procédures de réduction progressive des activités.

Principales réalisations en 2006-2007

  • Plus de 105 000 subventions ont été traitées dans le cadre de l'encouragement éconergétique.
  • Les émissions de GES ont connu une réduction globale de 0,9 Mt au 31 mars 2006.
  • Six protocoles d'entente ont été signés avec des provinces et municipalités afin d'assurer une transition en douceur aux programmes provinciaux et municipaux.

Consommation d'énergie et économies d'énergie par maison dans le secteur résidentiel, construction d'avant 1945 jusqu'en 2000-2007.

MAISONS NEUVES ET EXISTANTES :
Science de l'énergie et technologie de l'habitation

Objectif : Accélérer la mise au point de technologies éconergétiques pour les habitations et leur adoption sur les marchés nationaux et étrangers par le truchement d'une amélioration de la conception, du rendement et de la rentabilité, et élaborer des outils pratiques pour faciliter la prise de décisions afin d'aider les collectivités et les promoteurs à choisir des systèmes énergétiques efficaces et des technologies moins polluantes pour le traitement des déchets et de l'eau.

De concert avec des associations, le gouvernement et l'industrie, le Centre de la technologie de l'énergie de CANMET (CTEC) met au point et déploie des solutions hautement spécialisées qui contribuent à réduire de façon rentable la consommation d'énergie et les émissions de GES des habitations. Les spécialistes du CTEC en innovations énergétiques pour l'environnement construit jouent un rôle de premier plan, à l'échelle nationale et internationale, dans les domaines de la recherche, du développement et du déploiement de technologies de pointe éconergétiques et axées sur les énergies renouvelables pour la construction et la rénovation des habitations.

Les principaux secteurs d'intervention du CTEC tiennent compte de ce qui suit :

  • Les outils de conception et d'analyse demeurent un élément clé pour accélérer l'innovation dans les marchés d'habitations neuves ou rénovées. Il est essentiel de pouvoir modéliser les technologies nouvelles afin de déterminer les répercussions éventuelles et de relever d'autres possibilités. Les progrès réalisés dans le développement des outils de conception doivent aller au même rythme que l'évolution des technologies.
  • Les lignes directrices pour les projets de construction et de rénovation des habitations demeurent une grande priorité pour permettre les améliorations volontaires et celles découlant de mesures incitatives ou de la réglementation dans le parc d'habitations.
  • La réduction de la demande en énergie continue d'offrir des possibilités dans le domaine de l'habitation en ce qui a trait aux technologies de l'enveloppe améliorées et aux technologies de CVC plus efficaces.
  • L'amélioration des systèmes énergétiques, y compris l'intégration de la cogénération, des piles à combustible et des solutions axées sur les énergies renouvelables, est essentielle si l'on veut atteindre à long terme les objectifs de consommation d'énergie.

Principales réalisations en 2006-2007

  • Le succès remporté par Zone Comfort, un système de chauffage et de climatisation, démontre bien la façon dont le CTEC appuie l'innovation en matière de technologie dans le secteur privé. Le système Zone Comfort assure le confort en contrôlant l'humidité, la consommation d'énergie et la demande de pointe au cours de l'été. Les principaux aspects techniques de ce nouveau produit ont été mis au point avec la participation de la société Ecologix Heating Technologies Inc. dans le cadre de l'initiative eKOCOMFORTMC*. Ce produit démontre bien la façon dont le CTEC appuie l'innovation en matière de technologie dans le secteur privé et guide efficacement la mise en valeur de technologies novatrices – de la conception à la commercialisation – et réduit le temps de mise en oeuvre. Dans le présent cas, la mise en oeuvre a pris 18 mois. Le CTEC a formé une équipe complète de commercialisation qui s'est occupée de l'étude de marché, du plan d'élaboration, du plan de ventes, du financement et du soutien technologique.
  • Dans le cadre d'un projet de recherche, on a eu recours à un nouveau générateur d'hydrogène hybride et à un générateur d'air chaud au gaz naturel pour évaluer si les appareils de combustion, notamment un générateur d'air chaud ou un réservoir d'eau chaude, peuvent fonctionner de façon plus éconergétique sans toutefois nécessiter une réfection. Le CTEC a évalué les risques et les caractéristiques de rendement des appareils à combustion. On a mis à l'essai des mélanges d'hydrogène et de gaz naturel renfermant jusqu'à 25 p. 100 d'hydrogène. Les résultats ont montré qu'un mélange de gaz naturel et de 10 p. 100 d'hydrogène offrait une solution viable. On envisage pour l'avenir d'intégrer des éoliennes et d'utiliser le surplus d'électricité en dehors des heures de pointe.
  • Le Programme de la Maison Super EMC** est une initiative de transfert technologique qui a permis d'accroître la demande sur les marchés internationaux pour les technologies de l'habitation et les pratiques de construction éconergétiques canadiennes. Dans le cadre du programme, le CTEC a aidé les entreprises canadiennes à adapter leurs produits et services afin de répondre à la demande croissante sur les marchés internationaux pour des habitations respectueuses de l'environnement et éconergétiques. Le consortium Super E réunit 39 exportateurs canadiens du secteur de l'habitation collaborant avec 48 entreprises étrangères. Jusqu'en mars 2007, plus de 400 habitations ont été construites ou étaient en cours de construction dans des marchés étrangers, notamment au Japon, au Royaume-Uni, en Irlande, en Chine, en Corée et en Islande. Depuis son lancement, cette initiative a procuré au Canada des avantages économiques estimés à plus de 40 millions de dollars. L'initiative Super E a également eu une incidence sur les normes d'efficacité énergétique des ensembles de construction résidentielle offerts sur le marché canadien par les membres du Super E. L'initiative est administrée par le CTEC en partenariat avec le Service canadien des forêts et la Société canadienne d'hypothèques et de logement.
  • Le CTEC élabore des logiciels de simulation des bâtiments destinés à l'industrie canadienne de l'habitation, et assure un soutien logiciel. À l'aide de l'un d'eux, le logiciel HOT2000MC***, des simulations ont été effectuées pour 275 000 maisons en vue d'améliorer leur efficacité énergétique. En outre, le CTEC élabore et valide des méthodes améliorées de modélisation des systèmes énergétiques classiques tout en intégrant des technologies plus évoluées, notamment des systèmes de cogénération et d'énergies renouvelables. Conformément à l'annexe 42 de l'Accord d'exécution visant à faciliter la mise en oeuvre de nouvelles technologies dans les bâtiments et les systèmes communautaires (Energy Conservation in Buildings and Community Systems) de l'Agence internationale de l'énergie, le CTEC a élaboré des modèles de simulation pour les systèmes de cogénération résidentiels et a mis à l'essai des technologies axées sur le gaz naturel (p. ex., piles à combustible, moteurs Stirling, moteurs à combustion interne) afin de valider ces moteurs.
  • Un projet a été entrepris en collaboration avec le CTEC, la Ville de London, en Ontario, et sept constructeurs locaux en vue de fournir aux constructeurs une méthode leur permettant d'évaluer systématiquement les nouveaux produits, systèmes et techniques éconergétiques. Dans le cadre du projet, des constructeurs ont fait participer trois ou quatre de leurs employés à des séances de formation technologique, et ils commencent actuellement à utiliser les technologies. Par suite du projet, la London Home Builders Association parraine désormais ses propres séances de formation technologique. La Ville de London est fort satisfaite des résultats et élabore actuellement un plan de mise en oeuvre pour l'étape suivante d'essai sur le terrain.

Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site :
sbc.rncan.gc.ca.

* eKOCOMFORT est une marque officielle de Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des Ressources naturelles.
** Super E est une marque officielle de Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des Ressources naturelles.
*** HOT2000 est une marque officielle de Ressources naturelles Canada.

Précédent | Table des matières | Suivant