Évolution de l'efficacité énergétique au Canada

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Faits saillants

Entre 1990 et 2016 :
  • l’efficacité énergétique s’est améliorée de 31,4 %;
  • les Canadiens ont économisé 2 089,9 pétajoules (PJ) ou 45 milliards de dollars sur leur facture d’énergie et ont évité de produire 112,1 mégatonnes (Mt) de gaz à effet de serre (GES) en 2016;
  • la consommation d’énergie secondaire (demande finale d’énergie) au Canada s’est accrue de 26 %. Cette hausse aurait été de 56 % sans les améliorations de l’efficacité énergétique;
  • l’intensité énergétique par unité du produit intérieur brut (PIB) s’est améliorée de 30,3 % au Canada.
Un pétajoule correspond approximativement à l’énergie consommée par plus de 10 000 ménages (à l’exclusion des transports) pendant un an.

  Consommation d’énergie et émissions de GES

En 2016, la consommation d’énergie totale dans les cinq secteurs de l’économie (résidentiel, commercial et institutionnel, industriel, transports et agricole) s’élevait à 8 786,4 PJ.
Version textuelle

Consommation d'énergie secondaire par secteur, 2016

Répartition de la consommation d'énergie Pourcentage
Résidentiel 16.6
Commercial et institutionnel 11.4
Industriel 38.9
Transports 29.8
Agricole 3.4

L’énergie secondaire est l’énergie qui a été transformée par un processus de conversion énergétique en des formes plus pratiques d’énergie pouvant être utilisées directement, comme l’énergie électrique, des combustibles raffinés ou synthétiques, par exemple un combustible à l’hydrogène. L’énergie secondaire est parfois aussi appelée « vecteur d’énergie ».

L’énergie primaire est une forme d’énergie disponible dans la nature qui n’a subi aucune transformation en vertu d’un processus de conversion. L’énergie est contenue dans des combustibles bruts non renouvelables (pétrole, charbon, gaz naturel) ou renouvelables (hydroélectricité, biocarburants, énergies solaire et éolienne).

Version textuelle

Émissions de GES par secteur, 2016

Répartition des GES Pourcentage
Résidentiel 12.9
Commercial et institutionnel 9.4
Industriel 35.8
Transports 38.0
Agricole 4.0

En 2016, le secteur industriel était le plus énergivore, mais le secteur des transports a produit davantage de GES en raison de la plus grande utilisation de carburants émetteurs de GES, comme l’essence, le diesel et les mazouts lourds (transports ferroviaire et maritime).
Le gaz naturel et l’électricité étaient les principales sources d’énergie achetées au Canada en vue d’une utilisation finale. L’essence automobile et d’autres produits pétroliers (carburant diesel, mazout léger, kérosène et mazout lourd) représentaient environ 33 % de la consommation d’énergie.
Remarque : Les données reposent sur la consommation finale d’énergie, laquelle ne comprend pas la consommation du producteur, les matières premières et les pertes d’énergie.

Version textuelle

Consommation d'énergie secondaire selon la source d'énergie, 2016

Répartition de la consommation d'énergie Pourcentage
Électricité 20.3
Gaz naturel 28.7
Essence automobile 18.3
Autres produits pétroliers** 14.7
Essence d'aviation 0.03
Carburéacteur 3.2
Coke de pétrole et gaz de distillation 5.2
Déchets ligneux et liqueurs résiduaires 4.2
Autres sources d'énergie* 3.4
Bois de chauffage 2.0
*La catégorie « Autres sources d’énergie » comprend le charbon, le coke, le gaz de cokerie, le gaz de pétrole liquéfié et les liquides du gaz naturel des usines à gaz ainsi que les combustibles résiduaires de l’industrie du ciment.
** La catégorie « Autres produits pétroliers » comprend le diesel, le mazout léger, le mazout lourd et le kérosène.

En 2016, le secteur industriel était le plus énergivore, affichant une consommation d’énergie de 3 413,8 PJ.

La consommation d’énergie dans le secteur des transports a connu la croissance la plus rapide parmi tous les secteurs, avec 39,4 % de 1990 à 2016. Une hausse notable du transport de marchandises, la domination persistante des automobiles à des fins personnelles et la transition vers des plus gros véhicules (véhicules utilitaires sport [VUS], camionnettes légères) ont contribué à cette augmentation rapide de la consommation d’énergie dans le secteur.

Version textuelle

Consommation d'énergie totale et croissance par secteur, 1990 et 2016 (pétajoules)

1990 2016 Croissance
Résidentiel 1425 1458 2 %
Commercial et institutionnel 746 997 34 %
Industriel 2710 3414 26 %
Transports 1878 2618 39 %
Agricole 199 299 50 %

Les émissions de GES au Canada ont augmenté de 28 % entre 1990 et 2016 (à l’exclusion des émissions liées à l’électricité). Quant aux émissions totales, incluant les GES liées à l’électricité, elles ont augmenté de 18 %.

L’augmentation des émissions a été nettement inférieure à ce qu’elle aurait été sans le changement notable dans la composition des sources d’énergie utilisées pour produire l’électricité, notamment, avec la part du charbon passée de 25 % en 2008 à 16 % en 2016.


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Émissions totales de GES et croissance par secteur, 1990 et 2016 (éq. CO2 Mt)

1990 2016 Croissance
Résidentiel 72.8 61.1 -16 %
Commercial et institutionnel 41.0 44.4 8 %
Industriel 141.2 169.8 20 %
Transports 132.3 180.3 36 %
Agricole 13.5 19.1 41 %

La croissance rapide de la consommation d’énergie et la prédominance des produits pétroliers raffinés qui produisent beaucoup d’émissions de GES expliquent pourquoi le secteur des transports a été le plus grand émetteur de GES au Canada en 2016.

  Intensité énergétique

L’intensité énergétique est une mesure de l’efficacité énergétique d’une économie et elle est calculée comme le rapport de la consommation d’énergie au PIB. Une intensité énergétique élevée correspond à un coût élevé pour convertir l’énergie en unités de PIB. De nombreux facteurs peuvent avoir une influence sur l’intensité énergétique générale, comme le niveau de vie, les conditions météorologiques, les distances parcourues par les véhicules, les modes et les habitudes de transport (transport collectif), les sources d’énergie hors réseau, les nouvelles sources d’énergie, les perturbations de l’alimentation (pannes de courant) et l’efficacité énergétique.

L’intensité énergétique s’est améliorée de 30,3 % entre 1990 et 2016, témoignant d’une amélioration globale importante de la manière dont les Canadiens ont utilisé l’énergie pour augmenter le PIB.

Version textuelle

Consommation finale d'énergie, population canadienne et PIB, 1990-2016 (Indice 1990=1)

Indice de la demande finale d'énergie Indice du PIB total* Indice de la population totale
1990 1.0 1.0 1.0
1991 1.0 1.0 1.0
1992 1.0 1.0 1.0
1993 1.0 1.0 1.0
1994 1.1 1.1 1.0
1995 1.1 1.1 1.1
1996 1.1 1.1 1.1
1997 1.1 1.2 1.1
1998 1.1 1.2 1.1
1999 1.1 1.3 1.1
2000 1.2 1.3 1.1
2001 1.1 1.4 1.1
2002 1.2 1.4 1.1
2003 1.2 1.4 1.1
2004 1.2 1.5 1.2
2005 1.2 1.5 1.2
2006 1.2 1.6 1.2
2007 1.3 1.6 1.2
2008 1.2 1.6 1.2
2009 1.2 1.5 1.2
2010 1.2 1.6 1.2
2011 1.3 1.7 1.2
2012 1.3 1.7 1.3
2013 1.3 1.7 1.3
2014 1.3 1.8 1.3
2015 1.3 1.8 1.3
2016 1.3 1.8 1.3
* Source des données : CANSIM 379-0031, PIB aux prix de base en dollars constants de 2007.

La consommation d’énergie au Canada a augmenté beaucoup plus lentement que le PIB de 1990 à 2016.

La population canadienne a augmenté de 31 % (environ 1,0 % par année), alors que le PIB s’est accru de 81,3 % (environ 2,3 % par année).

La consommation d’énergie par habitant a diminué de 3,6 %, ce qui est beaucoup moins que ce qui avait été prévu étant donné l’amélioration globale sur le plan de l’intensité énergétique. Cette faible diminution est le reflet de l’utilisation accrue d’un plus grand nombre de produits électroniques à la maison, de la hausse du nombre de personnes possédant des VUS ou des camions légers ainsi que de l’augmentation de la distance parcourue par les camions lourds et du poids des marchandises transportées.

Version textuelle

Intensité énergétique par habitant et par unité de PIB, 1990-2016 (Indice 1990=1)

Intensité énergétique par habitant Intensité énergétique par unité de PIB
1990 1.00 1.00
1991 0.97 1.00
1992 0.97 1.00
1993 0.98 1.00
1994 1.01 0.99
1995 1.03 0.99
1996 1.03 1.00
1997 1.04 0.97
1998 1.01 0.91
1999 1.02 0.89
2000 1.05 0.87
2001 1.01 0.83
2002 1.03 0.84
2003 1.04 0.84
2004 1.06 0.83
2005 1.04 0.80
2006 1.02 0.77
2007 1.06 0.79
2008 1.03 0.77
2009 0.98 0.77
2010 1.00 0.76
2011 1.01 0.76
2012 1.00 0.74
2013 1.01 0.74
2014 1.00 0.73
2015 0.99 0.72
2016 0.96 0.70

  Efficacité énergétique

Entre 1990 et 2016, l’efficacité énergétique s’est améliorée de 31,4 %. Grâce à l’ensemble des améliorations en matière d’efficacité énergétique depuis 1990, les Canadiens ont réalisé des économies d’énergie de 2 089,9 PJ, qui représentent des économies de 45 milliards de dollars, et ont évité la production de 112,1 Mt d’émissions de GES en 2016.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’efficacité énergétique est le « premier combustible » au monde. L’économie d’énergie présente de nombreux avantages sur les plans économique et environnemental, s’avérant notamment l’option la moins coûteuse pour réduire les émissions de GES.

Nous isolons et suivons la quantité d’énergie économisée grâce à l’efficacité énergétique en identifiant et en mesurant d'autres facteurs qui ont une incidence sur la consommation d’énergie. Voici les facteurs pris en compte :

  • l’effet de l’activité mesure l’augmentation de la consommation d’énergie liée à la croissance économique. Au cours de la période comprise entre 1990 et 2016, l’effet de l’activité s’est chiffré à 4 304,4 PJ, ce qui s’est traduit par une augmentation des émissions de GES de 227,5 Mt;
  • l’effet de la structure mesure l’incidence du changement dans la composition de l’économie sur la consommation d’énergie. Par exemple, certaines industries comptent peut-être des sous-secteurs qui sont plus ou moins énergivores par rapport à d’autres. Entre 1990 et 2016, l’économie canadienne a évolué vers des industries moins énergivores, ce qui s’est traduit par une baisse de la demande d’énergie de 683,5 PJ et par une diminution des émissions de GES de 28,1 Mt;
  • l’effet des conditions météorologiques mesure l’incidence des températures plus chaudes ou plus froides sur la consommation d’énergie au fil du temps. En 2016, l’hiver a été moins froid que l’hiver 1990, et l’été a été plus chaud, ce qui s’est traduit par une diminution nette de la consommation d’énergie de 22,0 PJ et par une réduction des émissions de GES de 0,9 Mt;
  • l’effet du niveau de service mesure l’utilisation accrue d’appareils et d’équipement dans les résidences et les entreprises. La consommation d’énergie a augmenté dans les secteurs résidentiel et commercial à mesure que l’économie s’est numérisée. Le niveau de service a ainsi fait augmenter la consommation d’énergie de 173,5 PJ et accroître les émissions de GES de 7,5 Mt.
  • l’effet de l’efficacité énergétique est le bilan de la fluctuation totale de la consommation d’énergie au fil du temps (de 1990 à 2016) moins l’incidence des facteurs susmentionnés. Ainsi, en 2016, grâce à l’ensemble des mesures d’efficacité énergétique appliquées depuis 1990, les Canadiens ont réalisé des économies d’énergie de 2 089,9 PJ et ont évité la production de 112,1 Mt d’émissions de GES.
Version textuelle

Sommaire des facteurs ayant une incidence sur la variation de la consommation d'énergie, 1990-2016

Pétajoules
Variation globale de la consommation d'énergie 1829.2
Effet de l'activité 4304.4
Effet de la structure -683.5
Effet du niveau de service 173.5
Effet des conditions météorologiques -22.0
Effet de l'efficacité énergétique -2089.9
Autres* 146.7
* La catégorie « Autres » désigne l’éclairage des voies publiques, le transport aérien non commercial, le transport hors route et l’agriculture, lesquels sont compris dans la colonne de la variation globale de la consommation d’énergie mais exclus de l’analyse de factorisation.

La consommation d’énergie est en grande partie attribuable à une hausse constante de l’activité et, dans une moindre mesure, au niveau de service. L’effet de la structure découlant d’un changement dans la production en faveur des industries moins énergivores (industries financières, commerciales et de services) a entraîné une baisse de la consommation d’énergie, notamment depuis 2005.

L’efficacité énergétique est en amélioration constante depuis 1990. Toutefois, cette amélioration a ralenti entre 2009 et 2011. Ceci pourrait être attribuable aux effets de la récession de 2009, où le secteur industriel s’est heurté à des défis qui ont nui aux investissements dans les projets d’amélioration de l’efficacité énergétique.

Version textuelle

Tendances antérieures en matière de facteurs influant sur la consommation d'énergie finale, 1990-2016

Effet de l'activité Effet de la structure Effet des conditions météorologiques Effet du niveau de service Effet de l'efficacité énergétique Autres
1990 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
1991 31.2 -10.1 19.6 5.8 -117.8 -7.0
1992 107.1 25.8 70.5 14.3 -201.6 -6.8
1993 197.8 44.8 112.8 19.4 -254.3 -5.2
1994 341.3 55.1 82.2 27.6 -266.1 -8.2
1995 703.7 162.0 88.9 37.7 -414.0 11.5
1996 811.8 181.2 159.0 45.2 -499.7 24.1
1997 1126.8 139.0 72.7 55.6 -585.9 34.3
1998 1299.1 116.0 -108.2 64.5 -746.8 33.1
1999 1525.8 170.8 -46.4 72.8 -918.1 39.4
2000 1825.8 89.5 43.6 80.8 -955.6 49.3
2001 1876.0 1.3 -51.0 91.8 -1076.5 49.3
2002 2122.7 4.3 47.7 102.1 -1164.7 42.4
2003 2277.5 -32.5 66.3 112.0 -1137.0 48.0
2004 2579.7 -103.7 25.9 120.0 -1110.2 56.8
2005 2747.8 -182.2 21.2 129.3 -1288.1 67.9
2006 2920.8 -371.1 -86.3 135.6 -1296.1 69.7
2007 3063.1 -273.0 29.1 139.2 -1272.5 90.8
2008 3013.0 -349.3 39.7 144.8 -1304.4 93.5
2009 2836.0 -492.4 50.4 150.3 -1237.1 48.6
2010 3207.0 -506.3 -55.5 153.5 -1334.4 82.6
2011 3363.7 -543.2 -10.2 154.9 -1284.8 107.1
2012 3647.8 -706.7 -91.1 162.4 -1365.9 101.4
2013 3849.5 -698.9 12.7 165.1 -1524.1 119.7
2014 4094.2 -743.4 86.1 167.8 -1730.8 130.3
2015 4208.1 -740.4 4.8 170.6 -1806.8 138.7
2015 4304.4 -683.5 -22.0 173.5 -2089.9 146.7

Sans une importante et constante amélioration de l’efficacité énergétique dans les secteurs d’utilisation finale, la consommation d’énergie aurait augmenté de 56 % entre 1990 et 2016, au lieu de 26 %. Cette économie d’énergie de 2 089,9 PJ correspondait à la consommation d’énergie d’environ 43 millions d’automobiles en 2016.

Version textuelle

Consommation d'énergie finale, tenant compte ou non de l'amélioration de l'efficacité énergétique, 1990-2016

Consommation d'énergie ne tenant pas compte de l'amélioration de l'efficacité énergétique Consommation d'énergie tenant compte de l'amélioration de l'efficacité énergétique
1990 6957.2 6957.2
1991 6961.9 6844.1
1992 7144.0 6942.3
1993 7321.0 7066.6
1994 7600.4 7334.3
1995 7961.1 7547.1
1996 8178.4 7678.7
1997 8385.5 7799.7
1998 8361.7 7615.0
1999 8719.6 7801.5
2000 9046.1 8090.5
2001 8924.7 7848.2
2002 9276.4 8111.7
2003 9428.5 8291.5
2004 9635.9 8525.7
2005 9741.3 8453.1
2006 9625.9 8329.8
2007 10006.4 8733.9
2008 9898.9 8594.5
2009 9550.1 8312.9
2010 9835.4 8501.0
2011 10033.4 8748.7
2012 10071.1 8705.2
2013 10405.4 8881.3
2014 10692.2 8961.4
2015 10739.0 8932.2
2016 10876.3 8786.4

Grâce à l’ensemble des améliorations en matière d’efficacité énergétique réalisées depuis 1990, les Canadiens ont évité la production de 112,1 Mt d’émissions de GES en 2016. Le secteur des transports a largement contribué à cette réussite, avec 47 % de cette réduction totale des GES, notamment grâce aux normes de rendement visant les automobiles et les camionnettes légères, et à d’autres facteurs, comme les programmes de sensibilisation et d’éducation qui ont permis d’accroître l’économie de carburant par la maintenance des véhicules et l’adoption de meilleures habitudes de conduite. Le secteur résidentiel a réduit ses émissions de GES de 27 % grâce à plusieurs mécanismes, notamment l’amélioration des codes du bâtiment, des normes minimales de rendement énergétique (NMRE) visant les appareils ménagers, de meilleurs systèmes de suivi du rendement énergétique sans oublier les rénovations domiciliaires. La contribution du secteur industriel à cette réduction des émissions de GES a été d’environ 19 %, et celle du secteur commercial et institutionnel, de 7 %. Les défis sur le plan de l’investissement et le nombre peu élevé de programmes ciblant la consommation d’énergie dans ces deux secteurs ont eu pour résultat cette amélioration moins importante de l’efficacité énergétique.

Version textuelle

Réduction des GES par secteur, 2016

éq. CO2 (Mt)
Ensemble de l'économie -112.1
Résidentiel -30.2
Commercial et institutionnel -8.0
Industriel -21.2
Transports -52.7