Consommation d'énergie dans le secteur industriel

Photo of a house

Faits saillants

Entre 1990 et 2016 :
  • l’industrie canadienne a réduit sa facture d’énergie de 4,9 milliards de dollars grâce à l’amélioration de 16 % de l’efficacité énergétique en 2016;
  • la consommation d’énergie du secteur a augmenté de 26 %. Cette hausse aurait été de 42 % sans les améliorations de l’efficacité énergétique;
  • en 2016, l’industrie canadienne a réduit sa consommation d’énergie de 426 PJ et ses émissions de GES de 21,2 Mt;
  • l’intensité énergétique (MJ/$ de 2007 – PIB) a diminué de 14,9 %.

  Aperçu – Consommation d’énergie et émissions de GES

Le secteur industriel est le plus énergivore de tous les secteurs canadiens; toutefois, ses émissions de GES sont moins élevées que celles du secteur des transports.

En 2016, la facture d’énergie du secteur industriel s’élevait à 39,5 milliards de dollars pour toutes les activités de fabrication, d’extraction des ressources, de foresterie et de construction.

Version textuelle

Répartition de la consommation d'énergie dans le secteur industriel selon la source d'énergie, 2016

Pourcentage
Électricité 21.6
Gaz naturel 39.5
Pétrole 8.0
Gaz de distillation et coke pétrolier 13.5
Déchets ligneux et liqueurs résiduaires 10.9
Autres 6.5

Version textuelle

Répartition de la consommation d'énergie et de l'activité selon l'industrie, 2016 (pourcentage)

Industrie GDP Consommation d'énergie
Construction 27.3 3.0
Foresterie 1.3 0.8
Exploitation minière (y compris l'extraction des sables bitumineux) 31.0 35.0
Fabrication 40.4 61.1

  Consommation d’énergie dans le secteur industriel

Entre 1990 et 2016, la consommation d’énergie du secteur a augmenté de 26 %, passant de 2 710 à 3 414 PJ. Les GES découlant de l’utilisation finale ont augmenté de 20 %, passant de 141,4 à 169,8 Mt.

La consommation de gaz naturel a augmenté, alors que celle du mazout lourd2 ainsi que du coke et du gaz de cokerie a considérablement chuté. Le virage vers des sources d’énergie produisant moins d’émissions au cours de cette période a entraîné une plus faible croissance des émissions de GES.

Version textuelle

Consommation d'énergie du secteur industriel selon la source d'énergie, 1990 et 2016 (pétajoules)

1990 2016
Électricité 658.4 738.4
Gaz naturel 837.2 1348.1
Mazout lourd 328.7 272.0
Gaz de raffinerie et coke de pétrole 309.9 460.6
Déchets ligneux et liqueurs résiduaires 341.0 373.3
Autres 234.6 221.4

  Consommation d’énergie dans le sous-secteur de l’extraction des ressources

Ce sous-secteur englobe les industries menant des activités d’extraction de pétrole et de gaz, d’exploitation du charbon, d’exploitation du minerai métallique et non métallique, d’exploitation en carrières et de soutien à l’exploitation minière et à l’extraction de pétrole et de gaz.

Depuis 1990, la consommation d’énergie et les émissions de GES liées à l’utilisation finale du sous secteur ont plus que triplé. Entre 1990 et 2016, le PIB du sous-secteur a augmenté de 60 %, comparativement à 48 % pour l’ensemble du secteur.

Les activités relatives aux sables bitumineux constituaient le principal facteur causant l’augmentation de la demande d’énergie des industries d’extraction des ressources. Depuis la fin des années 1990, il y a eu une augmentation de la production des ressources non classiques (sables bitumineux). La production de bitume et de pétrole brut synthétique avait augmenté, passant de 55 000 mètres cubes par jour (m3/jour) en 1990 à 384 000 m3/jour en 2016.

Version textuelle

Consommation d’énergie dans le secteur industriel par industrie donnée, 1990 et 2016 (pétajoules)

1990 2016
Exploitation minière en amont (y compris l'extraction de pétrole et de gaz) 210.7 1048.9
Pâtes et papiers 728.0 552.0
Raffinage du pétrole 323.0 271.0
Produits chimiques 223.0 278.0
Sidérurgie 219.0 221.0
Autres industries 1005.0 1043.0
* Mines métalliques et non métalliques, industries des aliments, textiles, vêtements, produits du bois, caoutchouc, plastique, ciment, production primaire d’alumine et d’aluminium, fabrication de produits métalliques, machines, produits informatiques et électroniques, matériel et composants électriques, construction d’automobiles, meubles, construction, foresterie.

  Consommation d’énergie dans le sous-secteur de la fabrication

Le sous-secteur de la fabrication a utilisé 2 086 PJ en 2016, soit le quart de la consommation d’énergie des utilisateurs finaux au Canada, ce qui représente une baisse de 8,8 % depuis 1990. Bien qu’il existe 21 sous-secteurs ayant des codes du Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN) à trois chiffres, quatre de ces sous secteurs étaient responsables de 75 % de toute la consommation d’énergie du secteur de la fabrication.

Version textuelle

Part de la consommation d'énergie du sous-secteur de la fabrication, 2016

Pourcentage
Pâtes et papiers 26.5
Fonte et affinage 12.0
Produits chimiques 13.3
Raffinage du pétrole 13.0
Produits en bois 2.9
Sidérurgie 10.6
Ciment 2.7
Autres sous-secteurs de la fabrication 19.0

Fabrication du papier

Le sous-secteur de la fabrication du papier, qui utilise la biomasse comme principale source d’énergie, mène des activités de fabrication de pâte, de papier et de produits de papier.

La consommation d’énergie pour la production du papier a connu un sommet en 2004 et diminue constamment depuis. En 2016, la consommation d’énergie du sous-secteur s’élevait à 552 PJ, ce qui constitue une diminution de 24 % par rapport à 728 PJ en 1990. La consommation d’énergie des usines de pâte, de carton, de papier et de papier journal a considérablement diminué de 1990 à 2016, le plus grand déclin étant observé pour l’industrie du papier journal (-68 %). Les émissions de GES ont diminué de 60 % depuis 1990 pour l’ensemble du sous-secteur.

Ce sous-secteur privilégie la production combinée de chaleur et d’électricité, ce qui peut entraîner une hausse marquée de l’efficacité énergétique comparativement à la production distincte d’électricité et de chaleur.

Version textuelle

Consommation d'énergie pour la fabrication du papier par industrie donnée, 1990 et 2016 (pétajoules)

1990 2016
Usines de pâte 300.2 286.2
Usines de carton 62.6 33.6
Usines de papier (sauf le papier journal) 99.8 75.3
Usines de papier journal 247.6 79.7
Autres 17.9 77.6

Première transformation des métaux

La consommation d’énergie pour le sous-secteur de la première transformation des métaux a considérablement augmenté, en raison principalement de la croissance de l’alumine et de l’aluminium, et des industries de la fonte et de l’affinage (aluminium, nickel, cuivre, zinc, plomb et magnésium).

La consommation d’énergie du sous-secteur a augmenté de 17 % en 2016, atteignant 471 PJ. Entre 1990 et 2016, la demande d’énergie pour la production d’alumine et d’aluminium a augmenté de 87 %, entraînant le rejet d’émissions de GES de seulement 26 % de plus. Depuis 1990, le PIB de la production d’alumine et d’aluminium a plus que triplé, passant de 1,2 milliard de dollars ($ de 2007) en 1990 à 4,2 milliards de dollars ($ de 2007) en 2016.

Version textuelle

Consommation d'énergie de la fonte et de l'affinage par industrie donnée, 1990 et 2016 (pétajoules)

1990 2016
Alumine et aluminium 109.8 205.7
Autres métaux non ferreux 73.5 44.6
Fonte et affinage 183.3 250.3

Fabrication de produits chimiques

Le sous-secteur de la fabrication de produits chimiques a enregistré une solide croissance de ses besoins en énergie, alors que la consommation d’énergie pour le raffinage du pétrole était à la baisse en 2016 comparativement à 1990.

La consommation d’énergie du sous-secteur de la fabrication de produits chimiques a augmenté de 25 %, passant de 223 PJ en 1990 à 278 PJ en 2016, en partie en raison d’un accroissement de la demande d’énergie pour la fabrication du gaz industriel. Le gaz naturel (part de 68 %) et l’électricité (part de 28 %) répondaient à la majorité des besoins en énergie du sous-secteur. Les émissions de GES du sous-secteur ont augmenté de 12 %.

En revanche, la consommation d’énergie pour le raffinage du pétrole a diminué de 16 %, même si le niveau de production de cette industrie était de 5 % plus élevé en 2016 qu’en 1990. Grâce aux améliorations en matière d’efficacité énergétique, les émissions de GES ont diminué de 11 % entre 1990 et 2016.

Fabrication de produits en bois

Le sous-secteur de la fabrication de produits en bois3 comprend des établissements qui mènent principalement des activités de fabrication de produits faits de bois, notamment :
  • sciage de grumes en bois d’œuvre et produits similaires, ou conservation de ces produits;
  • fabrication de produits qui améliorent les caractéristiques naturelles du bois, par exemple, fabrication de bois de placage, de contreplaqués, de panneaux de bois reconstitué ou de bois d’ingénierie;
  • fabrication d’une vaste gamme de produits du bois comme le bois de menuiserie.

Ce sous-secteur ne représentait que 3 % de la consommation d’énergie du secteur de la fabrication en 2016, avec 58,5 PJ. Les émissions de GES ont diminué de 22,7 % entre 1990 et 2016, ce qui témoigne d’un virage vers des sources d’énergie produisant peu ou pas d’émissions de GES.

  Isolation de l’effet de l’efficacité énergétique dans les industries

Sans les améliorations de l’efficacité énergétique, la consommation d’énergie aurait augmenté de 42 % au lieu de 26 %.

Version textuelle

Incidence de l'activité, de la structure et de l'efficacité énergétique sur la variation de la consommation d'énergie dans le secteur industriel, 1990-2016

Pétajoules
Variation globale de la consommation d'énergie 703.9
Effet de l'activité 2,185.4
Effet de la structure -1,055.8
Effet de l'efficacité énergétique -425.8

Version textuelle

Consommation d'énergie dans le secteur industriel, tenant compte ou non de l'amélioration de l'efficacité énergétique, 1990-2016

Consommation d'énergie ne tenant pas compte de l'amélioration de l'efficacité énergétique Consommation d'énergie tenant compte de l'amélioration de l'efficacité énergétique
1990 2710.0 2710.0
1995 3058.0 3017.3
1996 3104.4 3019.6
1997 3231.7 3086.4
1998 3290.1 2998.6
1999 3465.8 3046.4
2000 3595.2 3166.9
2001 3513.1 3023.3
2002 3664.8 3139.6
2003 3655.6 3203.0
2004 3745.7 3367.5
2005 3735.5 3292.1
2006 3626.4 3292.4
2007 3745.0 3420.7
2008 3576.5 3278.2
2009 3256.5 3113.6
2010 3435.9 3215.5
2011 3488.1 3302.8
2012 3526.2 3342.2
2013 3626.3 3370.4
2014 3772.8 3386.9
2015 3798.1 3441.2
2016 3839.6 3413.8

Divers facteurs ayant une incidence sur la variation de la consommation d’énergie :

  • Effet de l’activité – Une augmentation notable de l’extraction des sables bitumineux et de la production classique de pétrole et de gaz a entraîné une hausse de la consommation d’énergie de 2 185 PJ et des émissions de GES de 109 Mt dans le secteur industriel.
  • Effet de la structure – Le ralentissement des activités des industries de fabrication énergivores au profit des activités financières et de services s’est poursuivi, entraînant une réduction de la consommation d’énergie de 1 056 PJ et des émissions de GES de 53 Mt en 2016.
  • Effet du niveau de service – Il n’y a aucun effet du niveau de service sur le secteur industriel.
  • Effet des conditions météorologiques – Il n’y a aucun effet des conditions météorologiques sur le secteur industriel.
  • Effet de l’efficacité énergétique – L’industrie canadienne a réduit sa facture d’énergie de 4,9 milliards de dollars grâce à l’amélioration de 16 % de l’efficacité énergétique en 2016. L’industrie canadienne a réduit sa consommation d’énergie de 426 PJ et ses émissions de GES de 21,2 Mt.
Version textuelle

Facteurs ayant une incidence sur la consommation d'énergie industrielle, 1990-2016

Variation globale de la consommation d'énergie Effet de l'activité Effet de la structure Effet de l'efficacité énergétique
1990 0.0 0.0 0.0 0.0
1995 307.4 249.7 98.3 -40.6
1996 309.7 298.4 96.0 -84.8
1997 376.5 471.4 50.3 -145.2
1998 288.7 580.4 -0.2 -291.5
1999 336.5 719.4 36.4 -419.4
2000 457.0 911.1 -25.9 -428.3
2001 313.4 942.6 -139.5 -489.8
2002 429.6 1076.8 -122.0 -525.2
2003 493.0 1137.6 -192.0 -452.6
2004 657.6 1328.1 -292.4 -378.1
2005 582.2 1366.8 -341.2 -443.4
2006 582.5 1480.3 -563.9 -334.0
2007 710.7 1530.7 -495.6 -324.4
2008 568.2 1467.3 -600.8 -298.3
2009 403.7 1349.9 -803.4 -142.9
2010 505.5 1549.3 -823.47 -220.4
2011 592.9 1646.4 -868.3 -185.3
2012 632.2 1840.6 -1024.3 -184.1
2013 660.4 1953.6 -1037.0 -255.9
2014 676.9 2132.6 -1069.8 -385.9
2015 731.2 2169.6 -1081.5 -356.9
2016 703.9 2185.4 -1055.8 -425.8

Les économies d’énergie réalisées par le secteur de la fabrication s’élevaient à 670,7 PJ en 2016, ce qui témoigne d’un rendement énergétique solide des activités de fabrication connexes.

La consommation d’énergie du secteur de l’extraction des ressources a plus que triplé entre 1990 et 2016. Les industries d’extraction des ressources ont connu une intensité énergétique beaucoup plus élevée par unité d’activité économique, en particulier dans l’exploitation minière en amont (y compris l’extraction de pétrole et de gaz), laissant entrevoir les vastes possibilités offertes par l’efficacité énergétique.

En excluant l’extraction des ressources, les industries canadiennes ont amélioré leur efficacité énergétique de 27 %, soit des économies de 646,8 PJ.

Version textuelle

Consommation d'énergie dans le secteur industriel, tenant compte ou non de l'amélioration de l'efficacité énergétique (sans les industries d'extraction des ressources), 1990-2016

Consommation d'énergie ne tenant pas compte de l'amélioration de l'efficacité énergétique Consommation d'énergie tenant compte de l'amélioration de l'efficacité énergétique
1990 2362.4 2362.4
1995 2638.6 2571.4
1996 2681.6 2550.3
1997 2778.6 2615.2
1998 2812.9 2547.5
1999 2998.8 2548.2
2000 3100.7 2656.7
2001 3008.1 2505.3
2002 3131.2 2604.8
2003 3100.5 2569.3
2004 3128.3 2748.7
2005 3122.6 2634.0
2006 2978.6 2589.7
2007 3073.8 2566.7
2008 2909.6 2417.0
2009 2582.0 2186.4
2010 2731.0 2215.6
2011 2741.5 2263.5
2012 2731.5 2251.3
2013 2773.2 2273.9
2014 2840.9 2281.3
2015 2840.6 2287.4
2016 2864.3 2217.4

L’incidence des effets de l’activité, de la structure et de l’efficacité énergétique sur la variation de la consommation d’énergie du secteur industriel, excluant les industries d’extraction des ressources, était la suivante :

  • Effet de l’activité – L’activité industrielle a entraîné une hausse de 1 711 PJ de la consommation d’énergie et de 78,4 Mt des émissions de GES.
  • Effet de la structure – Les changements à la structure, en particulier une baisse relative de la part de l’activité des industries énergivores (c.-à-d., les pâtes et papiers), ont permis au secteur de réduire sa consommation d’énergie et ses émissions de GES de 1 209 PJ et de 55,4 Mt, respectivement.
  • Effet de l’efficacité énergétique – L’amélioration de l’efficacité énergétique du secteur a entraîné une réduction de 647 PJ de la consommation d’énergie et de 29,6 Mt des émissions de GES.
Version textuelle

Facteurs ayant une incidence sur la consommation d'énergie industrielle (sans les industries d'extraction des ressources), 1990-2016

Variation globale de la consommation d'énergie Effet de l'activité Effet de la structure Effet de l'efficacité énergétique
1990 0.0 0.0 0.0 0.0
1995 209.1 215.3 61.0 -67.2
1996 187.9 256.6 62.6 -131.3
1997 252.9 402.9 13.4 -163.3
1998 185.1 495.3 -44.7 -265.4
1999 185.8 612.5 24.0 -450.7
2000 294.3 773.2 -34.8 -444.0
2001 143.0 799.5 -153.7 -502.8
2002 242.4 910.7 -141.9 -526.5
2003 207.0 960.4 -222.2 -531.1
2004 386.3 1114.3 -348.4 -379.6
2005 271.6 1145.5 -385.3 -488.6
2006 227.4 1235.5 -619.3 -388.9
2007 204.4 1274.3 -562.9 -507.0
2008 54.7 1227.1 -679.9 -492.5
2009 -176.0 1142.7 -923.1 -395.6
2010 -146.8 1281.4 -912.7 -515.5
2011 -98.8 1348.1 -969.0 -478.0
2012 -111.1 1480.0 -1110.9 -480.2
2013 -88.5 1556.1 -1145.3 -499.3
2014 -81.1 1676.6 -1198.1 -559.6
2015 -75.0 1701.4 -1223.1 -553.2
2016 -144.9 1711.3 -1209.4 -646.8

  1. Les déchets ligneux et les liqueurs résiduaires servent principalement dans l’industrie des pâtes et papiers, puisque cette dernière est la seule industrie à produire ces matières recyclées.
  2. L’utilisation à la baisse du mazout lourd est en partie attribuable au fait que l’industrie des pâtes et papiers, la plus grande consommatrice de ce type de combustible, a adopté d’autres formes d’énergie, notamment les liqueurs résiduaires. Ce virage a été facilité par la conclusion de contrats interruptibles avec les fournisseurs d’énergie, permettant à l’industrie de réagir aux variations des prix relatifs de l’énergie.
  3. La fabrication des produits en bois ne comprend pas les industries menant des activités d’abattage des arbres et de réduction des billes en copeaux sur le terrain, lesquelles activités entrent dans la catégorie de la foresterie et de l’exploitation minière.