Aux fins de l'enquête, le secteur commercial et institutionnel a été défini à partir des catégories du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN). Une liste complète des secteurs d'activité constituant le secteur commercial et institutionnel est disponible à l'annexe A.
Le tableau 1 présente l'ensemble des résultats de l'enquête pour chacun des secteurs d'activité, soit le nombre d'établissements, la consommation d'énergie (exprimée en gigajoules [GJ]), la surface de plancher (exprimée en mètres carrés [m²]) et l'intensité énergétique [exprimée en gigajoule par mètre carré (GJ/m²)].
| Secteur ou sous-secteur | Nombre d'établissements | Consommation d'énergie (GJ) | Surface de plancher (m²) | Intensité énergétique (GJ/m²) |
|---|---|---|---|---|
| Commerce de gros et entreposage | 38 887 B | 157 194 620 B | 72 052 176 A | 2,18 A |
| Commerce de détail | 96 911 A | 107 143 833 A | 75 623 857 A | 1,42 A |
| Commerce de détail, sans aliments | 82 772 A | 85 461 095 B | 64 100 371 A | 1,33 A |
| Commerce de détail des aliments | 14 139 B | 21 682 738 B | 11 523 486 B | 1,88 B |
| Industrie de l'information et industrie culturelle | 6 510 A | 11 299 637 B | 8 523 401 A | 1,33 A |
| Bureauxa | 82 029 A | 132 193 423 A | 107 733 234 B | 1,23 A |
| Éducation | 15 808 A | 153 540 138 A | 120 866 456 A | 1,27 A |
| Écoles primaires et secondaires | 15 473 A | 103 788 616 A | 92 597 507 A | 1,12 A |
| Collèges et cégeps | 217 A | 14 471 605 A | 10 993 183 A | 1,32 A |
| Universités | 118 A | 35 279 917 A | 17 275 766 A | 2,04 A |
| Soins de santé | 33 384 A | 104 610 995 A | 68 112 296 A | 1,54 A |
| Soins de santé, sans les hôpitaux | 32 654 A | 40 758 566 A | 43 525 877 B | 0,94 A |
| Hôpitaux | 730 A | 63 852 430 A | 24 586 419 A | 2,60 A |
| Hébergement et services de restauration | 38 306 A | 64 267 000 A | 29 034 773 A | 2,21 A |
| Autres (commercial et institutionnel) | 68 096 D | 214 737 596 D | 109 018 114 D | 1,97 D |
| TOTAL | 379 930 A | 944 987 242 A | 590 964 306 A | 1,60 A |
a Le secteur « Bureaux » inclut les activités liées aux services de finance et assurances, services immobiliers, services de location et location à bail, services professionnels, scientifiques et techniques et administrations publiques.
La lettre à droite de chaque estimation détermine sa qualité comme suit : A – Excellente, B – Bonne, C – Acceptable, D – À utiliser avec prudence, F – Trop peu fiable pour être publiée.
En raison de l'arrondissement, la somme des nombres peut ne pas correspondre aux totaux et certaines données peuvent légèrement différer d'un tableau à l'autre.
L'ECÉSCI estime à 379 930 le nombre d'établissements commerciaux et institutionnels au Canada pour l'année 2004. Le commerce de détail est la catégorie la plus importante, avec 26 % des établissements, suivi des bureaux avec 22 %.
L'enquête estime également que les établissements commerciaux et institutionnels au Canada couvraient près de 591 kilomètres carrés en 2004, ce qui correspond à une superficie supérieure à l'île de Montréal. L'éducation est la catégorie la plus importante, représentant 20 % de la surface totale de plancher, suivie par la catégorie des bureaux avec 18 % de la surface totale de plancher. La surface de plancher comprend la surface totale de l'ensemble des établissements d'un secteur, excluant les stationnements intérieurs et les salles de machines.
La consommation d'énergie totale est définie comme étant la somme de la consommation d'électricité, de gaz naturel, de diesel, de propane, de mazout lourd, d'autres distillats moyens, de vapeur et de bois. Elle se mesure en gigajoule (GJ)¹.
Les établissements du secteur commercial et institutionnel ont consommé en 2004 près de 945 millions de GJ. Ce total représente la consommation annuelle moyenne de quelque 7,9 millions de ménages canadiens, soit l'équivalent de près de cinq fois la consommation d'énergie de l'ensemble des logements privés d'une ville comme Toronto².
Le secteur du commerce de gros et de l'entreposage est le secteur à la plus forte consommation d'énergie (hormis le secteur résiduel Autres). À lui seul, ce secteur représente 17 % de la consommation totale d'énergie, bien qu'il ne représente que 10 % du nombre total d'établissements et 12 % de la surface de plancher totale. Le secteur de l'éducation et celui des bureaux accaparent également une part importante de la consommation avec des taux respectifs de 16 % et 14 %.
Les données collectées concernant la consommation d'énergie et la surface de plancher des établissements permettent d'établir un ratio d'intensité énergétique³. De nombreux facteurs ont une incidence sur l'intensité énergétique. Par exemple, les conditions météorologiques propres à chacune des régions canadiennes influent sur le niveau de consommation d'énergie – les Prairies étant une région relativement plus froide que le sud de l'Ontario, la quantité d'énergie liée au chauffage y est par conséquent plus élevée.
L'intensité énergétique est également tributaire de l'âge des bâtiments, du type d'énergie utilisée4, du type d'équipement utilisé, des caractéristiques physiques des bâtiments, de la surface de plancher, des mesures d'économie de l'énergie, etc. Tous ces facteurs affectent indépendamment et de façon complexe le niveau d'intensité énergétique des établissements. Cette étude ne vise toutefois pas à en décomposer individuellement les effets4. De plus, aucun facteur ne saurait à lui seul expliquer des variations régionales entre les niveaux d'intensité établis dans ce rapport.
Pour l'ensemble des établissements commerciaux et institutionnels au Canada, l'intensité énergétique était de 1,60 GJ/m² pour l'année 2004. Le secteur des bureaux est celui dont l'intensité énergétique est la plus faible, avec un ratio de 1,23 GJ/m². De façon plus détaillée, le sous-secteur des soins de santé sans les hôpitaux présente une intensité encore plus faible, avec un ratio de 0,94 GJ/m². À l'inverse, le secteur ayant l'intensité énergétique la plus élevée est celui de l'hébergement et des services de restauration, avec une intensité de 2,21 GJ/m². Au niveau des sous-secteurs, les hôpitaux ont le plus haut ratio, toutes classifications confondues, avec une intensité de 2,60 GJ/m².
¹ Un GJ équivaut à un milliard de joules. Le joule est la mesure d'énergie requise pour transporter un courant électrique d'un ampère à travers une résistance d'un ohm pendant une seconde. Un GJ est égal à 277,8 kilowattheures (kWh). Brûler un million d'allumettes de bois simultanément dégagera un GJ d'énergie. Un GJ d'électricité peut servir à maintenir une ampoule de 60 watts continuellement allumée pendant six mois et un GJ de gaz peut permettre de cuire plus de 2 500 hambourgeois. En 2003, un ménage canadien consommait en moyenne 119,3 GJ annuellement. Pour convertir les kWh en GJ, il faut multiplier par 0,0036. Pour convertir les GJ en kWh, il faut multiplier par 277,8.
² L'équivalent de la consommation d'énergie en nombre de ménages est calculé en utilisant l'intensité énergétique (GJ/ménage) telle qu'elle a été établie par l'Office de l'efficacité énergétique pour 2003 – l'année la plus récente – dans le Guide de données sur la consommation d'énergie, juin 2005. Les données concernant les logements privés proviennent du recensement du Canada de 2001 de Statistique Canada.
³ Aux fins de l'ECÉSCI, nous ne considérons que l'intensité énergétique brute, soit la consommation totale d'énergie divisée par la superficie totale de plancher. L'intensité moyenne – la moyenne de l'intensité de chacun des établissements – utilisée pour comparer individuellement les établissements entre eux, n'est pas considérée dans le présent document.
4 Par exemple, le gaz naturel et le mazout lourd ont naturellement une intensité plus élevée que l'électricité. Les pertes en énergie pour ces carburants sont incluses dans les données de l'ECÉSCI, contrairement à l'électricité où de telles pertes sont comptabilisées au niveau primaire et, en conséquence, n'apparaissent pas dans la présente enquête. Les régions canadiennes qui font largement usage du gaz naturel – comme les Prairies – auront donc tendance à avoir une intensité énergétique plus élevée que celles ayant recours à l'électricité.
5 L'OEE publie annuellement Évolution de l'efficacité énergétique au Canada. Ce rapport traite notamment de l'incidence sur la consommation d'énergie du niveau d'activité, des conditions météorologiques, de la structure, du niveau de service et de l'efficacité énergétique. De plus, pour l'année 2000, l'enquête sur la consommation d'énergie dans les bâtiments commerciaux et institutionnels menée dans les principales villes canadiennes a collecté davantage de données sur les caractéristiques énergétiques des bâtiments. Le rapport sommaire résume les principales conclusions de l'enquête. Ces deux publications peuvent être consultées sur le Web à l'adresse oee.rncan.gc.ca/statistiques.