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Évolution de l’efficacité énergétique au Canada,
de 1990 à 2009

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Chapitre 2 : La consommation d’énergie

Vue d’ensemble – La consommation d’énergie et les émissions de GES

Le secteur industriel représente la plus grande part de la consommation d’énergie au Canada et occupe la deuxième place en ce qui a trait aux émissions de GES.

L’énergie est utilisée dans les cinq secteurs de l’économie, à savoir les secteurs résidentiel, commercial et institutionnel, industriel, des transports, et agricole. En 2009, ces secteurs ont consommé au total 8 541,6 PJ. Le secteur industriel représentait la plus grande part de la consommation d’énergie, suivi des secteurs des transports, résidentiel, commercial et institutionnel, et agricole. Les émissions totales de GES liées à la consommation d’énergie des cinq secteurs étaient de 463,9 mégatonnes (Mt) en 2009.

Les figures 2.1 et 2.2 montrent la répartition de la consommation d’énergie secondaire et des émissions de GES par secteur. L’énergie consommée dans le secteur des transports et le secteur agricole a une intensité relativement plus grande en matière de GES que les autres secteurs.

Figure 2.1 – Consommation d’énergie secondaire par secteur, 2009

Figure 2.1 – Consommation d’énergie secondaire par secteur, 2009.

Un pétajoule correspond approximativement à l’énergie utilisée par plus de 9 000 ménages pendant une année (à l’exclusion du transport).

Figure 2.2 – Émissions de GES par secteur, 2009

Figure 2.2 – Émissions de GES par secteur, 2009.

Le gaz naturel et l’électricité sont les principales sources d’énergie liées à l’utilisation finale achetées au Canada.

Le gaz naturel et l’électricité sont utilisés dans tous les secteurs de l’économie, alors que l’essence automobile est utilisée principalement dans les secteurs des transports et agricole. En 2009, le gaz naturel et l’électricité représentaient près de la moitié de l’énergie consommée au Canada (figure 2.3). L’essence automobile et les autres produits pétroliers (carburant diesel, mazout léger, kérosène et mazout lourd) représentaient approximativement 33 p. 100 de la consommation d’énergie.

Figure 2.3 – Consommation d’énergie secondaire selon la source d’énergie, 2009

Figure 2.3 – Consommation d’énergie secondaire selon la source d’énergie, 2009.

Évolution – La consommation d’énergie et les émissions de GES

La consommation d’énergie a augmenté moins rapidement que l’économie mais légèrement plus rapidement que la population.

Entre 1990 et 2009, la consommation d’énergie au Canada a augmenté de 23 p. 100, passant de 6 936,1 à 8 541,6 PJ (figure 2.4). Au cours de la même période, on observe une hausse de la population canadienne de 22 p. 100 (soit approximativement 1 p. 100 par année) et du produit intérieur brut (PIB) de 57 p. 100 (environ 2 p. 100 par année). De façon plus générale, la consommation d’énergie par unité de PIB a diminué, alors que la consommation d’énergie par habitant s’est accrue.

Figure 2.4 – Consommation totale d’énergie secondaire, population canadienne et PIB, 1990-2009

Figure 2.4 – Consommation totale d’énergie secondaire, population canadienne et PIB, 1990-2009.

La consommation d’énergie a augmenté plus rapidement dans le secteur des transports et le secteur commercial et institutionnel.

Figure 2.5 – Consommation totale d’énergie secondaire et croissance par secteur, 1990 et 2009

Figure 2.5 – Consommation totale d’énergie secondaire et croissance par secteur, 1990 et 2009.

Le secteur industriel est le secteur qui consomme le plus d’énergie dans notre économie, avec une consommation de 3 168,4 PJ en 2009. Toutefois, c’est le secteur commercial et institutionnel, et celui des transports qui ont connu la plus forte croissance de la consommation d’énergie. Entre 1990 et 2009, le secteur commercial et institutionnel a enregistré une hausse de sa consommation d’énergie de 37 p. 100 (figure 2.5) principalement attribuable à une augmentation de 170 p. 100 de la consommation d’énergie liée à l’équipement auxiliaire. Pour sa part, le secteur des transports a augmenté sa consommation d’énergie de 37 p. 100 principalement en raison d’une hausse de 67 p. 100 de la consommation d’énergie liée au transport des marchandises.

Figure 2.6 – Émissions totales de GES et croissance par secteur, 1990 et 2009

Figure 2.6 – Émissions totales de GES et croissance par secteur, 1990 et 2009.

La hausse de la consommation d’énergie a entraîné une augmentation des émissions de GES. En 2009, les émissions de GES du Canada, à l’exception des émissions liées à l’électricité, ont diminué de 1 p. 100 par rapport à 2008, alors que les émissions comprenant celles qui sont liées à l’électricité ont diminué de 4 p. 100. Bien que la demande pour l’électricité ait diminué de 4,7 p. 100 en 2009, la composition des sources d’énergie utilisées pour produire l’électricité a également changé. Notamment, entre 2008 et 2009, une baisse de l’électricité produite à partir du charbon a contribué à une diminution totale de 52 p. 100 de la production d’électricité. Par conséquent, l’ensemble des émissions de CO2 ont diminué de 16 p. 100 en 2009 comparativement à 2008. Cette baisse découlant d’une consommation de charbon moins élevée a contribué à une réduction de 83,6 p. 100 de l’ensemble des émissions de CO2. Le secteur des transports a connu la plus forte croissance des émissions avec 36 p. 100, suivi du secteur commercial et institutionnel avec 29 p. 100 (figure 2.6).

C’est dans le secteur des transports que l’on constate la plus forte part des émissions liées à la consommation d’énergie, avec 38 p. 100 (178,3 Mt éq. CO2), suivi du secteur industriel, avec 31 p. 100 (144,5 Mt éq. CO2), y compris les émissions liées à l’électricité. Cet écart s’explique par le fait que l’utilisation de produits pétroliers raffinés produisant davantage de GES prédomine dans le secteur des transports.

L’intensité énergétique et l’efficacité énergétique

Le Canada a amélioré son efficacité énergétique entre 1990 et 2009. La section suivante porte sur deux indicateurs d’efficacité énergétique : l’intensité énergétique et l’efficacité énergétique mesurée au moyen de la factorisation.

L’intensité énergétique

L’intensité énergétique du Canada s’est améliorée de 21 p. 100 entre 1990 et 2009. Cependant, malgré cette amélioration, la consommation d’énergie par habitant a augmenté de 1 p. 100.

L’intensité énergétique, qui est définie comme la quantité d’énergie requise par unité d’activité (PIB), a diminué de 21 p. 100 entre 1990 et 2009 (figure 2.7) en raison d’une amélioration globale de l’efficacité énergétique, soit le degré d’efficacité avec lequel l’énergie est utilisée pour produire une unité de PIB. En termes plus simples, si l’économie en 2009 avait produit le même niveau de PIB qu’en 1990, elle aurait consommé beaucoup moins d’énergie.

Figure 2.7 – Intensité de la consommation d’énergie secondaire totale par habitant et par unité d’indice du PIB, 1990-2009

Figure 2.7 – Intensité de la consommation d’énergie secondaire totale par habitant et par unité d’indice du PIB, 1990-2009.

Réciproquement, la quantité d’énergie requise par habitant, soit l’intensité énergétique par personne, a augmenté de 1 p. 100 entre 1990 et 2009 (figure 2.7). Cette tendance à la hausse est en partie attribuable à l’augmentation du nombre d’appareils électroniques et de personnes possédant un véhicule utilitaire léger ainsi que de la distance parcourue par les camions lourds et du poids des marchandises transportées. Autrement dit, même si le Canada produit des biens de façon plus efficace, le nombre de biens et de services consommateurs d’énergie par habitant est plus élevé dans chaque ménage comparativement à 1990, et ce, en dépit du fait que depuis 1990 bon nombre des appareils électroniques sont de plus en plus éconergétiques.

L’efficacité énergétique

Cette édition du rapport Évolution de l’efficacité énergétique au Canada marque un changement dans le processus de factorisation qui permettra de représenter avec plus de précision les changements dans l’incidence pure de l’efficacité énergétique. En particulier, nous avons inclus une estimation distincte de l’incidence des changements dans les taux d’utilisation de la capacité par rapport à la consommation d’énergie. Cette incidence a été très visible en 2009 alors que le secteur industriel a connu un ralentissement et que bon nombre de procédés ont été utilisés bien en dessous de leur capacité tout en continuant de requérir des niveaux seuils de consommation d’énergie. L’analyse a été menée dans le temps, ce qui a eu pour effet d’atténuer l’évolution de l’efficacité énergétique. Bien que l’analyse détaillée se limite au secteur industriel en raison de la disponibilité des données, l’incidence peut être constatée dans l’ensemble des économies réalisées.

Depuis 1990, on a enregistré une amélioration de l’efficacité énergétique de 24 p. 100. En 2009, on a observé une baisse d’environ 1 560,4 PJ de la consommation d’énergie et de 81,1 Mt des émissions de GES, soit des économies de 26,8 milliards de dollars pour les Canadiens.

L’une des plus importantes sources d’énergie inexploitée est l’énergie que nous gaspillons. Les efforts pour repérer et évaluer l’efficacité énergétique dans l’économie canadienne sont menés consciemment en vue de mettre en valeur cette source d’énergie. Cette analyse porte sur tous les domaines de l’économie afin d’établir ce qui se serait produit si aucune amélioration n’avait été apportée et de relever, à l’aide des données sous-jacentes, les domaines dans lesquels l’efficacité énergétique peut encore être améliorée.

L’efficacité énergétique renvoie au degré d’efficacité avec lequel on utilise l’énergie pour produire un certain niveau de service ou de produit. Afin d’isoler l’effet de l’efficacité énergétique dans l’économie ainsi que dans les différents secteurs, l’analyse présentée dans ce rapport repose sur une méthode de factorisation. La factorisation permet de décomposer les variations observées dans la quantité d’énergie consommée selon les effets des six facteurs suivants :

  • L’effet de l’activité — La définition de l’activité diffère d’un secteur à l’autre. Par exemple, dans le secteur résidentiel, ce terme correspond au nombre de ménages et à la surface de plancher des résidences. Dans le secteur industriel, il désigne le PIB, la production brute (PB) et la production industrielle physique, comme des tonnes d’acier.

  • L’effet de la structure — La structure reflète les changements dans la composition de chaque secteur. Par exemple, dans le secteur industriel, un changement de structure peut consister en un accroissement relatif de l’activité d’une industrie par rapport à une autre.

  • L’effet des conditions météorologiques — Les variations climatiques influent sur les besoins en chauffage et en climatisation. Ces variations sont mesurées en degrés-jours de chauffage et de climatisation. Cet effet est pris en considération dans le secteur résidentiel et dans le secteur commercial et institutionnel, où le chauffage et la climatisation représentent une part considérable de la consommation d’énergie.

  • L’effet du niveau de service — Le niveau de service se rapporte au taux de pénétration des appareils et de l’équipement. Par exemple, ce terme désigne l’utilisation d’équipement auxiliaire dans les bâtiments commerciaux et institutionnels et d’appareils ménagers dans les logements, ou la surface de plancher climatisée. En dépit d’une amélioration du rendement énergétique de ces appareils, la présence d’un plus grand nombre augmenterait le niveau de service et, de ce fait, annulerait les gains en efficacité.

  • L’effet du taux d’utilisation de la capacité — Le taux d’utilisation de la capacité désigne la proportion de la capacité de production installée qui est utilisée. En 2009, on enregistrait une baisse importante dans certains secteurs, tels que ceux de l’exploitation minière, du matériel de transport et de la sidérurgie. Voir l’annexe B pour obtenir de plus amples renseignements à cet égard.

  • L’effet de l’efficacité énergétique — L’efficacité énergétique fait référence au degré d’efficacité avec lequel l’énergie est utilisée, c’est-à-dire consommer moins d’énergie pour offrir le même niveau de service. Les gains en efficacité énergétique proviennent principalement de l’amélioration apportée aux technologies et aux procédés. Mentionnons comme exemple l’isolation d’une maison afin de réduire la consommation d’énergie pour le chauffage et la climatisation ou le remplacement des ampoules à incandescence par des lampes fluorescentes.

Comme le montre la figure 2.8, sans une importante et constante amélioration de l’efficacité énergétique dans les secteurs d’utilisation finale, la consommation d’énergie entre 1990 et 2009 aurait augmenté de 46 p. 100 au lieu de 23 p. 100. Cette économie d’énergie de 1 560,4 PJ est équivalente à la consommation d’énergie d’environ 26 millions de voitures et de véhicules utilitaires légers en 2009.

Figure 2.8 – Consommation d’énergie secondaire, tenant compte ou non de l’amélioration de l’efficacité énergétique, 1990-2009

Figure 2.8 – Consommation d’énergie secondaire, tenant compte ou non de l’amélioration de l’efficacité énergétique, 1990-2009.

La figure 2.9 illustre l’incidence relative de chaque effet sur la consommation d’énergie dans l’ensemble de l’économie entre 1990 et 2009. Les résultats sont résumés et expliqués ci dessous :

  • L’effet de l’activité — Le PIB du Canada a augmenté de 57 p. 100 entre 1990 et 2009. On estime que la croissance globale de l’effet de l’activité a entraîné une hausse de la consommation d’énergie de 39 p. 100, ou de 2 735,7 PJ, et des émissions de GES connexes de 144,6 Mt.

  • L’effet de la structure — Entre 1990 et 2009, un virage dans la production vers des industries à moins forte intensité énergétique a causé une diminution de 409,6 PJ de la consommation d’énergie et de 11,5 Mt des émissions de GES connexes.

  • L’effet des conditions météorologiques — En 2009, l’hiver a été plus froid et l’été a été plus frais qu’en 1990, ce qui a entraîné une hausse globale de 41,8 PJ de la demande d’énergie pour la régulation de la température ainsi qu’une augmentation de 2 Mt des émissions de GES connexes.

  • L’effet du niveau de service — Entre 1990 et 2009, les changements dans le niveau de service (p. ex., utilisation accrue des ordinateurs, des imprimantes et des photocopieurs dans le secteur commercial et institutionnel) ont accru la consommation d’énergie de 193,4 PJ et les émissions de GES de 9,7 Mt.

  • L’effet du taux d’utilisation de la capacité — Le déclin global dans la capacité d’utilisation s’est traduit par une hausse de 576,5 PJ du gaspillage de l’énergie et, par conséquent, une augmentation de 26,3 Mt des émissions de GES.

  • L’effet de l’efficacité énergétique — Comme on l’a susmentionné, entre 1990 et 2009, l’amélioration de l’efficacité énergétique a réduit la consommation d’énergie de 1 560,4 PJ et des émissions de GES de 81,1 Mt.

Figure 2.9 – Sommaire des facteurs ayant une incidence sur la variation de la consommation d’énergie, 1990-2009

Figure 2.9 – Sommaire des facteurs ayant une incidence sur la variation de la consommation d’énergie, 1990-2009.

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