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Évolution de l’efficacité énergétique au Canada,
de 1990 à 2008

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Chapitre 5 : Le secteur industriel

Vue d’ensemble – La consommation d’énergie et les émissions de GES du secteur industriel

Parmi tous les secteurs au Canada, le secteur industriel est celui qui a consommé le plus d’énergie; néanmoins, il a produit moins d’émissions de gaz à effet de serre (GES) que le secteur des transports.

Le secteur industriel englobe toutes les activités de fabrication, d’exploitation minière, de foresterie et de construction. Au cours de la seule année 2008, ces industries ont dépensé 39,9 milliards de dollars en énergie. La consommation totale d’énergie par industrie représentait 37 p. 100 de la consommation globale d’énergie (voir la figure 5.1) et 32 p. 100 des émissions de GES liées à l’utilisation finale (voir la figure 5.2).

Figure 5.1 – Consommation d'énergie par secteur, 2008 (pourcentage).

Figure 5.2 – Émissions de GES par secteur, 2008 (pourcentage).

La consommation d’énergie d’une industrie n’est pas nécessairement proportionnelle à son niveau d’activité économique.

En 2008, la part du produit intérieur brut (PIB) du secteur industriel représentait 25 p. 100 du PIB canadien (excluant le secteur agricole). Le principal participant au PIB du secteur industriel a été le sous-secteur « Autres industries manufacturières », lequel englobe des activités des industries des aliments et des boissons, des textiles, de l’informatique et de l’électronique. La construction et l’exploitation minière ont été les deux seules autres industries dont la contribution au PIB du secteur industriel a été supérieure à 10 p. 100 (voir la figure 5.3).

Même si le PIB est un indicateur de l’activité économique, une caractéristique importante du secteur industriel est que les industries ayant le plus haut niveau d’activité ne sont pas nécessairement celles qui consomment le plus d’énergie. Par exemple, seulement 3 p. 100 de l’activité économique est attribuable à l’industrie des pâtes et papiers qui consomme 19 p. 100 de l’énergie du secteur. En revanche, 24 p. 100 de l’activité économique est attribuable à l’industrie de la construction qui consomme seulement 2 p. 100 de l’énergie du secteur industriel (voir la figure 5.3).

Figure 5.3 – Répartition de la consommation d’énergie et activité par industrie, 2008 (pourcentage).

Variation de la consommation de combustible par industrie

Dans le secteur industriel, l’énergie sert principalement à produire de la chaleur, à générer de la vapeur ou comme source de force motrice. Par exemple, le charbon est l’une des sources d’énergie utilisées par l’industrie du ciment pour chauffer les fours à ciment. De nombreuses autres industries utilisent le gaz naturel pour alimenter les chaudières produisant la vapeur et l’électricité qui fourniront la puissance aux moteurs des pompes et des ventilateurs.

Le gaz naturel et l’électricité ont été les principaux types d’énergie utilisés dans le secteur industriel en 2008. Ils ont respectivement répondu à 32 et 24 p. 100 des besoins du secteur en énergie. Les déchets ligneux et les liqueurs résiduaires (14 p. 100), ainsi que le gaz de distillation et le coke de pétrole (14 p. 100), ont été les autres principales sources d’énergie utilisées.

Le type d’énergie employée varie grandement selon l’industrie qui la consomme. Bien que l’électricité soit utilisée par presque toutes les industries comprises dans ce secteur, ce sont les industries des pâtes et papiers et de la fonte et de l’affinage qui en consomment le plus. Ensemble, ces deux industries ont utilisé plus de 49 p. 100 de l’électricité consommée par ce secteur.

Les déchets ligneux et les liqueurs résiduaires sont principalement utilisés dans l’industrie des pâtes et papiers, car ce sont des matières recyclées produites uniquement par cette industrie. Toutefois, une partie de l’électricité produite à partir de ces matières est vendue à d’autres industries.

Évolution – La consommation d’énergie et les émissions de GES du secteur industriel

De 1990 à 2008, la consommation d’énergie du secteur industriel a augmenté de 19 p. 100, passant de 2 710,0 pétajoules (PJ) à 3 237,8 PJ. Les émissions de GES liées à l’utilisation finale ont augmenté de 13 p. 100, passant de 136,0 mégatonnes (Mt) à 154,0 Mt. Le PIB a connu une hausse de 40 p. 100, passant de 221 milliards de dollars ($ de 2002) en 1990 à 310 milliards de dollars ($ de 2002) en 2008 (voir la figure 5.4).

Figure 5.4 – Consommation d’énergie du secteur industriel par source d’énergie et selon le PIB, 1990 et 2008.

De manière générale, la part associée à chacun des différents types d’énergie est demeurée relativement constante entre 1990 et 2008, car la consommation de la plupart des différentes sources d’énergie a augmenté au cours de cette période, sauf dans le cas des mazouts lourds, qui ont connu une diminution de 58 p. 100, et celui du coke et du gaz de fours à coke, avec une diminution de 17 p. 100.

L’une des raisons de la diminution de l’utilisation de mazouts lourds est que l’industrie des pâtes et papiers, soit la principale industrie consommatrice de mazouts lourds, a adopté d’autres formes de combustibles, comme les liqueurs résiduaires. Ce changement est essentiellement attribuable aux contrats interruptibles que l’industrie a conclus avec des fournisseurs d’énergie, contrats lui permettant de réagir aux variations des prix relatifs des divers combustibles. En 2009, le gouvernement du Canada a créé le Programme d’écologisation des pâtes et papiers (PEPP)7, qui offre aux usines de pâtes et papiers un financement de 0,16 $ pour chaque litre de liqueur noire brûlée.

La foresterie, l’exploitation minière, la fonte et l’affinage, et les « autres industries manufacturières » ont toutes connu une croissance importante de leur consommation d’énergie depuis 1990. La foresterie a cependant consommé moins d’énergie comparativement aux trois autres sous-secteurs (exploitation minière, fonte et affinage, et « autres industries manufacturières »). La prochaine section décrit plus en détail l’évolution des quatre principaux facteurs auxquels est attribuable la demande d’énergie.

Évolution – La consommation d’énergie et les émissions de GES liées à l’exploitation minière

L’industrie minière comprend les industries engagées dans l’extraction du pétrole et du gaz, dans l’exploitation du charbon, du minerai métallique, non métallique et des carrières, ainsi que dans des activités de soutien à l’exploitation minière et à l’extraction pétrolière et gazière8.

Entre 1990 et 2008, la consommation d’énergie de l’industrie minière a augmenté de 138 p. 100 et ses émissions de GES liées à l’utilisation finale ont connu une hausse de 126 p. 100. Le PIB de l’industrie minière a augmenté de 48 p. 100 au cours de la même période, passant de 38,9 milliards de dollars ($ de 2002) à 57,3 milliards de dollars ($ de 2002), comparativement à une hausse de 40 p. 100 pour l’ensemble du secteur industriel.

L’exploitation minière en amont a été l’industrie ayant le plus contribué à l’augmentation du PIB, représentant 50,4 milliards de dollars ($ de 2002) du PIB canadien en 2008. Toutefois, l’activité pour les sables bitumineux a été le principal facteur qui a contribué à l’augmentation de la demande d’énergie de la part des industries minières.

Les activités minières en amont comprennent les activités d’exploitation minière liées aux sables bitumineux. Depuis la fin des années 1990, la production à partir de ressources non classiques (sables bitumineux) s’est accrue. Encouragés par les percées technologiques qui ont permis de réduire les coûts de production, ainsi que par les revenus additionnels découlant du prix plus élevé du pétrole brut, les investissements dans les projets liés aux sables bitumineux sont devenus plus attrayants.

En 1985, la production de bitume et de pétrole brut synthétique était de 35 000 mètres cubes par jour (/jour). Elle a atteint 71 000 /jour en 1996 et a augmenté jusqu’à 192 000 /jour en 2008. Cette hausse est le principal facteur expliquant l’augmentation de 236 p. 100 de l’énergie consommée depuis 1990 par l’industrie minière en amont (voir la figure 5.5).

Figure 5.5 – Consommation d’énergie du secteur industriel par industrie sélectionnée, 1990 et 2008.

Évolution – La consommation d’énergie et les émissions de GES liées à la fonte et à l’affinage

Les industries de la fonte et de l’affinage sont engagées principalement dans la production d’aluminium, de nickel, de cuivre, de zinc, de plomb et de magnésium.

Le sous-secteur de la fonte et de l’affinage occupe le troisième rang en ce qui a trait à l’augmentation de la demande d’énergie. Cette hausse a été attribuable en grande partie à la croissance économique reflétée par l’augmentation du PIB, lequel est passé de 2,8 milliards de dollars ($ de 2002) en 1990 à 5,1 milliards de dollars ($ de 2002) en 2008, soit une hausse de 84 p. 100. Au cours de la même période, les émissions de GES connexes ont augmenté de 43 p. 100.

Figure 5.6 – Consommation d’énergie de l’industrie de la fonte et de l’affinage par industrie sélectionnée, 1990 et 2008.

Depuis 1990, la majeure partie de l’augmentation de la consommation d’énergie de 47 p. 100 pour ce sous-secteur est attribuable à la production d’aluminium, qui a enregistré une croissance de 99 p. 100 entre 1990 et 2008 (voir la figure 5.6).

Évolution – La consommation d’énergie et les émissions de GES liées aux pâtes et papiers

L’industrie des pâtes et papiers regroupe des entreprises engagées dans la fabrication de pâtes, de papiers et d’articles en papier. C’est la principale industrie à utiliser la biomasse comme source d’énergie.

La consommation d’énergie utilisée pour la production de pâtes et papiers a diminué de 16 p. 100 depuis 1990; elle représente désormais 19 p. 100 de toute l’énergie sectorielle consommée. L’industrie qui a connu la baisse la plus importante a été celle du papier journal, soit une diminution de 35 p. 100 depuis 1990 (voir la figure 5.7). Les émissions de GES pour l’ensemble du secteur ont diminué de 42 p. 100 depuis 1990.

Figure 5.7 – Consommation d'énergie par sous-secteur de l'industrie des pâtes et papiers, 1990 et 2008.

Évolution – La consommation d’énergie et les émissions de GES liées aux autres industries manufacturières

Le sous-secteur appelé « Autres industries manufacturières » constitue une catégorie résiduelle qui n’est pas classée ailleurs dans la définition de secteur industriel utilisée dans le cadre de la présente analyse. Cette catégorie inclut un grand nombre d’industries, telles que les produits ligneux, les aliments et les boissons, et la fabrication de véhicules automobiles.

La consommation d’énergie de la catégorie « Autres industries manufacturières » a augmenté, passant de 553,2 à 640,7 PJ entre 1990 et 2008. Les émissions de GES étaient de 28 Mt en 1990 ainsi qu’en 2008; quant au PIB, il a aussi augmenté, passant de 102,3 milliards de dollars ($ de 2002) à 145,8 milliards de dollars ($ de 2002).

L’industrie des produits ligneux est la plus grande consommatrice d’énergie de la catégorie « Autres industries manufacturières ». Les entreprises de ce sous-secteur sont engagées dans :

  • la transformation de billots de sciage en bois d’oeuvre et en produits similaires, ou dans la préservation de ces produits;

  • la fabrication de produits qui améliorent les caractéristiques naturelles du bois, par exemple, la fabrication de bois de placage, de contreplaqué, de panneaux de bois reconstitué ou de bois d’ingénierie;

  • la fabrication d’une gamme diversifiée de produits ligneux comme la menuiserie préfabriquée.

Cette industrie représentait 8 p. 100 de la consommation d’énergie du sous-secteur « Autres industries manufacturières », avec 49,8 PJ. Sa hausse annuelle moyenne a été de 0,7 p. 100.

Les données détaillées sur la consommation d’énergie proviennent de l’Enquête sur la consommation industrielle d’énergie de 1990 et de 1995, et des années subséquentes. Les données pour la période comprise entre 1991 et 1994 proviennent du rapport Energy Intensity Indicators for Canadian Industry 1990-2008 du Centre canadien de données et d’analyse de la consommation finale d’énergie dans l’industrie (CIEEDAC). Auparavant, toutes les données détaillées sur la consommation d’énergie provenaient du rapport du CIEEDAC. Cela signifie que les catégories industrielles précises ne se comparent pas exactement avec celles des années précédentes.

L’intensité énergétique et l’efficacité énergétique du secteur industriel

L’intensité énergétique

Plusieurs facteurs ont influencé l’évolution de la consommation d’énergie et de l’intensité énergétique. Depuis 1990, l’intensité énergétique a diminué selon un taux annuel moyen de 0,8 p. 100, passant de 12,3 mégajoules (MJ) par $ de 2002 du PIB de 1990 à 10,5 MJ/$ de 2002 du PIB de 2008 (voir la figure 5.8).

Figure 5.8 – Utilisation de la capacité et intensité énergétique par année.

L’amélioration de l’efficacité énergétique sous la forme de pratiques d’immobilisation et de gestion plus efficaces est un facteur important. Une autre variable clé liée à l’intensité énergétique est le taux d’utilisation de la capacité. Ce taux est calculé en divisant le niveau de production réel d’une installation (mesuré en dollars ou en unités) par le niveau de production maximal de l’installation dans des conditions normales.

Relativement aux industries agrégées, sept des dix industries ont réduit leur intensité énergétique9 entre 1990 et 2008. Trois industries ont connu une augmentation : l’exploitation minière, le raffinage du pétrole et la foresterie. Cette dernière a été celle qui a connu la hausse la plus marquée de son intensité énergétique, avec une augmentation de 164 p. 100. La figure 5.9 montre que la consommation d’énergie dans la foresterie a augmenté de 134 p. 100, tandis que le PIB a diminué de 11 p. 100. L’utilisation accrue du diesel représentait jusqu’à 90 p. 100 de cette hausse de la consommation d’énergie. Dans le secteur de l’exploitation minière, le virage vers la production de pétrole brut non classique a contribué à l’augmentation de l’intensité énergétique.

Des gains en matière d’efficacité énergétique et un virage vers des activités à moins forte intensité énergétique ont contribué à la diminution de l’intensité énergétique dans certains sous-secteurs. À titre d’exemple, les industries chimiques qui ont amélioré leur intensité énergétique entre 1990 et 2008 ont vu leur part de PIB passer de 68 à 77 p. 100 au cours de la même période.

Figure 5.9 – Variation du PIB et de la consommation d’énergie, 1990-2008.

L’efficacité énergétique

Depuis 1990, l’efficacité énergétique du secteur industriel s’est améliorée de 10 p. 100. Au cours de la seule année 2008, l’industrie canadienne a réalisé des économies d’énergie de 332,5 PJ, ce qui correspond à une économie de 4,3 milliards de dollars en coûts d’énergie, et à une réduction des émissions de GES de l’ordre de 15,8 Mt. L’amélioration de l’efficacité énergétique découle en grande partie de la diminution de l’intensité énergétique. Les économies d’énergie attribuables à l’amélioration de l’efficacité énergétique dans certaines industries ont été annulées par l’augmentation de la consommation dans les sous-secteurs de l’exploitation minière en amont, des engrais et de la foresterie.

Par le passé, on calculait l’intensité énergétique du sous-secteur de l’exploitation minière en amont en divisant la consommation d’énergie par le PIB. Afin de suivre le développement du sous-secteur de l’exploitation minière en amont, il est désormais nécessaire d’appliquer une méthode plus précise dans le but de quantifier ses gains sur le plan de l’efficacité énergétique. Cette année, on a divisé ce sous-secteur en fonction de ses composantes (charbonnage, production de pétrole brut, production et traitement du gaz naturel, mise en valeur, production de pétrole synthétique et de bitume, forage des puits, mise à l’essai et entretien) et la production a servi de mesure du degré d’intensité énergétique. Cette façon de faire nous a permis de mieux quantifier les gains réalisés sur le plan de l’efficacité énergétique par le sous-secteur. Cependant, au fil du temps, le sous-secteur s’est progressivement tourné vers la production de pétrole issu de sources non classiques à forte intensité énergétique. Ainsi, même si nous tenons compte des économies d’énergie attribuables aux progrès technologiques, la difficulté toujours plus grande relativement à l’extraction des ressources minières en amont se traduit par des procédés dont l’intensité énergétique s’accroît constamment.

Figure 5.10 – Consommation d’énergie du secteur industriel, tenant compte ou non de l’amélioration de l’efficacité énergétique, 1990-2008.

La figure 5.11 illustre l’incidence de divers facteurs sur la variation de la consommation d’énergie du secteur industriel entre 1990 et 2008. Les effets de ces facteurs sont :

  • L’effet de l’activité — Les mesures d’activité (la combinaison du PIB, de la production brute et des unités de production) ont entraîné une augmentation de la consommation d’énergie de 49 p. 100 ou de 1 331,4 PJ.

  • L’effet de la structure — Les changements structurels apportés dans le secteur industriel, plus précisément la diminution relative de la part des activités des industries à forte intensité énergétique, ont aidé le secteur à réduire sa consommation d’énergie de 471,1 PJ. Il faut noter que les industries qui consomment plus de 6 MJ par dollar de PIB (p. ex., les pâtes et papiers, le raffinage du pétrole et l’exploitation minière en amont) ont représenté 28 p. 100 du PIB industriel en 1990, mais seulement 27 p. 100 en 2008.

  • L’effet de l’efficacité énergétique — L’amélioration de l’efficacité énergétique dans le secteur industriel a permis de réaliser des économies d’énergie de 332,5 PJ et d’éviter 15,8 Mt d’émissions de GES.

Figure 5.11 – Incidence de l'activité, de la structure et de l'efficacité énergétique sur la variation de la consommation d’énergie du secteur industriel, 1990-2008.

7 Le PEPP offre aux usines de pâtes et papiers un accès unique à un fonds de un milliard de dollars pour le financement de dépenses en immobilisations pour améliorer leurs installations sur le plan environnemental. Les usines de pâtes situées au Canada qui brûlent de la liqueur noire entre le 1er janvier et le 31 décembre 2009 sont admissibles au financement. Les usines recevront un financement basé sur un crédit de 0,16 $ le litre de liqueur noire brûlée jusqu’à ce que le financement de un milliard soit pleinement alloué.
8 SCIAN, code 21, excluant 213118, 213119 et une partie de 212326.
9 MJ/($ de 2002) - PIB

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