Ressources naturelles Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Liens de l'Office de l'efficacité énergétique

 

L'Office de l'efficacité énergétique

Menu

Évolution de l’efficacité énergétique au Canada,
de 1990 à 2008

Version PDF | Table des matières | Suivant

Chapitre 4 : Le secteur commercial et institutionnel

Vue d’ensemble – La consommation d’énergie et les émissions de GES du secteur commercial et institutionnel

Au Canada, la surface de plancher pour l’ensemble du secteur commercial et institutionnel équivaut approximativement à 40 p. 100 de la surface de plancher totale du secteur résidentiel.

En 2008, les propriétaires d’entreprises commerciales et les établissements ont dépensé 28,0 milliards de dollars en énergie afin de fournir des services aux Canadiens. Ceci représente approximativement 3 p. 100 de la valeur du produit intérieur brut (PIB) de ce secteur. En 2008, ce secteur a consommé 14 p. 100 de l’énergie totale au Canada (voir la figure 4.1) et a produit 13 p. 100 des émissions de gaz à effet de serre (GES) connexes (voir la figure 4.2).

Figure 4.1 – Consommation totale d’énergie par secteur, 2008 (pourcentage).

Figure 4.2 – Émissions totales de GES par secteur, 2008 (pourcentage).

Dans le secteur commercial et institutionnel5, l’énergie est utilisée pour le chauffage des locaux, la climatisation, l’éclairage, le chauffage de l’eau, l’alimentation de l’équipement auxiliaire (tels les ordinateurs) et les moteurs auxiliaires. Le chauffage des locaux représente la plus grande part de la consommation d’énergie du secteur, alors qu’environ la moitié de l’énergie totale consommée a été utilisée à cette fin (voir la figure 4.3). Puisqu’il n’est pas associé à l’activité de surface de plancher, l’éclairage des voies publiques compris dans la consommation totale d’énergie est exclu de l’analyse de factorisation.

Figure 4.3 – Consommation d’énergie du secteur commercial et institutionnel par utilisation finale, 2008 (pourcentage).

Le secteur commercial et institutionnel englobe les activités liées au commerce, aux finances, aux services immobiliers, aux administrations publiques, à l’éducation et aux services commerciaux. Ces activités ont été regroupées en dix sous-secteurs (voir la figure 4.4 pour une liste complète des activités). Parmi ces activités, les bureaux, le commerce de détail et les services d’enseignement représentent 70 p. 100 de la surface de plancher totale du secteur commercial et institutionnel au Canada, qui était estimée à 698,3 millions de mètres carrés () en 2008.

Figure 4.4 – Surface de plancher dans le secteur commercial et institutionnel par type d’activité, 2008 (pourcentage).

Évolution – La consommation d’énergie et les émissions de GES du secteur commercial et institutionnel

Entre 1990 et 2008, le secteur commercial et institutionnel a connu la plus forte croissance au chapitre de l’augmentation de la consommation d’énergie et des émissions de GES.

De 1990 à 2008, la consommation totale d’énergie du secteur commercial et institutionnel a augmenté de 39 p. 100, pour passer de 867,0 pétajoules (PJ) à 1 205,9 PJ, incluant l’éclairage des voies publiques. En même temps, le PIB du secteur commercial et institutionnel a connu une croissance de 73 p. 100 et la surface de plancher a augmenté de 37 p. 100. Les émissions de GES connexes, y compris les émissions associées à l’électricité, ont augmenté de 38 p. 100 au cours de la même période.

Bien que le gaz naturel et l’électricité demeurent les principales sources d’énergie dans le secteur commercial et institutionnel, représentant 87 p. 100 de la consommation totale d’énergie (voir la figure 4.5), depuis 1999 on a constaté une croissance rapide de l’utilisation des produits pétroliers, notamment des mazouts lourds qui ont augmenté de 179 p. 100. Cette augmentation de la consommation de ces produits pétroliers pourrait être attribuable, en partie, à la distribution secondaire par les distributeurs de carburant faisant partie du secteur commercial et institutionnel, qui achètent des produits pétroliers des raffineries et les revendent ensuite à d’autres secteurs (par exemple, aux secteurs industriel et des transports). Présentement, Statistique Canada mène une enquête pour mieux cerner cette activité.

Figure 4.5 – Consommation d’énergie du secteur commercial et institutionnel par source d’énergie et selon la surface de plancher, 1990 et 2008.

L’utilisation accrue de l’équipement auxiliaire, tel que les ordinateurs, les télécopieurs et les imprimantes, a contribué à faire augmenter la consommation d’énergie au Canada depuis 1990.

Comme le montre la figure 4.6, sept utilisations finales ont contribué à la croissance de la consommation d’énergie du secteur commercial et institutionnel au Canada. Cette croissance correspond à l’augmentation globale de la surface de plancher du secteur commercial et institutionnel au Canada, à l’exception de l’éclairage des voies publiques qui n’est pas lié à l’activité de surface de plancher.

La consommation d’énergie pour chauffer les locaux a augmenté de 22 p. 100 entre 1990 et 2008. Bien que le chauffage des locaux demeure la principale utilisation finale dans ce secteur, deux autres utilisations finales ont enregistré de fortes augmentations de la demande énergétique : l’équipement auxiliaire, qui découle de l’augmentation de l’informatisation en milieu de travail, et la climatisation des locaux, qui est liée à une hausse du taux de refroidissement des bâtiments commerciaux et institutionnels (voir la figure 4.6).

Figure 4.6 – Consommation d’énergie du secteur commercial et institutionnel par utilisation finale, 1990 et 2008.

L’augmentation des activités liées à l’exploitation de bureaux a été la principale cause de la hausse de la demande d’énergie dans le secteur commercial et institutionnel canadien.

Comme le montre la figure 4.7, le sous-secteur des bureaux représentait la plus grande part de la consommation d’énergie en 2008 (35 p. 100). Le commerce de détail (17 p. 100) et les services d’enseignement (13 p. 100) étaient les deux autres principaux sous-secteurs consommateurs d’énergie. Le sous-secteur des bureaux était aussi à la source de la plus forte augmentation de la consommation d’énergie avec une utilisation de 149,9 PJ de plus en 2008 qu’en 1990, suivi des sous-secteurs du commerce de détail et des services d’enseignement avec une augmentation de 61 et de 40 PJ, respectivement.

Figure 4.7 – Consommation d’énergie du secteur commercial et institutionnel par type d’activité, 1990 et 2008.

Treize millions de personnes travaillaient dans le secteur commercial et institutionnel canadien en 20086.

Plusieurs indicateurs peuvent contribuer à expliquer la croissance de la consommation d’énergie du secteur commercial et institutionnel, tels le nombre d’employés, la surface de plancher et le PIB. Comme le montre la figure 4.8, la surface de plancher a augmenté de 37 p. 100 depuis 1990, et le nombre d’employés dans ce secteur a augmenté de 40 p. 100.

Bien qu’il y ait eu des gains d’efficacité énergétique en termes d’énergie globale par surface de plancher, ceux-ci ont été annulés par la hausse de la demande énergétique liée à l’équipement auxiliaire. Non seulement y a-t-il eu une augmentation globale au plan de l’informatisation du milieu de travail dans le secteur commercial et institutionnel au cours de cette période, mais on a aussi eu besoin d’un plus grand nombre d’équipement auxiliaire par employé.

Figure 4.8 – Indicateurs d’énergie du secteur commercial et institutionnel, 1990 et 2008.

L’intensité énergétique et l’efficacité énergétique du secteur commercial et institutionnel

L’intensité énergétique

L’hébergement et les services de restauration représentent les activités commerciales et institutionnelles à plus forte intensité énergétique.

Dans le secteur commercial et institutionnel, l’intensité énergétique fait référence à la quantité d’énergie consommée par unité de surface de plancher (gigajoule par [GJ/]).

Figure 4.9 – Intensité énergétique du secteur commercial et institutionnel par type d’activité, 1990 et 2008.

Comme l’illustre la figure 4.9, l’activité liée à l’hébergement et aux services de restauration a consommé 2,60 GJ/ d’énergie en 2008, suivie de l’activité se rapportant à la santé et à l’assistance sociale, qui a consommé 2,57 GJ/. Ces activités affichaient la plus haute intensité énergétique, malgré une légère diminution de l’intensité dans le sous-secteur de l’hébergement et de la restauration. Cela pourrait être attribuable à la nature énergivore des activités (restaurants, blanchisserie) et des services (heures d’ouverture prolongées), ainsi qu’à la prolifération de matériel électronique hautement énergivore, tel que les tomodensitomètres dans les hôpitaux.

Le secteur commercial et institutionnel dans son ensemble n’a connu qu’une légère augmentation de 2 p. 100 au plan de l’intensité énergétique associée à la consommation d’énergie par unité de surface de plancher (GJ/). Il a toutefois diminué son intensité énergétique de 20 p. 100 mesurée par rapport à l’activité économique (PJ/PIB).

L’efficacité énergétique

L’amélioration de l’efficacité énergétique au Canada a donné lieu à des économies d’énergie de l’ordre de 2,4 milliards de dollars dans le secteur commercial et institutionnel depuis 1990.

L’amélioration de l’efficacité énergétique dans le secteur commercial et institutionnel était très semblable à celle observée dans le secteur résidentiel. Elle incluait des changements de l’enveloppe thermique des bâtiments (isolation, fenêtres, etc.) et une efficacité accrue de divers appareils consommateurs d’énergie utilisés dans les bâtiments du secteur commercial et institutionnel, tels les appareils de chauffage, l’équipement auxiliaire et l’éclairage. L’amélioration estimée de l’efficacité énergétique s’est traduite par des économies d’énergie de 103,6 PJ pour ce secteur entre 1990 et 2008 (voir la figure 4.10).

Figure 4.10 – Consommation d’énergie du secteur commercial et institutionnel tenant compte ou non de l’amélioration de l’efficacité énergétique, 1990-2008.

La figure 4.11 illustre l’incidence de divers facteurs sur la variation de la consommation d’énergie du secteur commercial et institutionnel entre 1990 et 2008. Les effets de ces facteurs sont :

  • L’effet de l’activité — Une augmentation de 37 p. 100 de la surface de plancher a entraîné une croissance de la consommation d’énergie de 38 p. 100 (322,5 PJ) et une hausse des émissions de GES de 17,5 mégatonnes (Mt).

  • L’effet de la structure — L’effet des changements de la structure dans ce secteur (la combinaison de types d’activité) a été faible; le résultat net sur les émissions de GES connexes a donc été faible également.

  • L’effet des conditions météorologiques — L’hiver de 2008 a été plus froid mais l’été a été plus chaud qu’en 1990. Le résultat net a été une hausse de la demande d’énergie de 9,3 PJ dans le secteur commercial et institutionnel, principalement aux fins de la climatisation des locaux, et donc une augmentation de 0,5 Mt des émissions de GES connexes.

  • L’effet du niveau de service — Une augmentation de la climatisation des locaux et une hausse du niveau de service lié à l’équipement auxiliaire – soit la croissance du taux de pénétration de l’équipement de bureau (p. ex., les ordinateurs, les télécopieurs et les photocopieurs) ont entraîné une hausse de 111,5 PJ de la consommation d’énergie et de 6,0 Mt des émissions de GES connexes.

  • L’effet de l’efficacité énergétique — L’amélioration de l’efficacité énergétique dans le secteur commercial et institutionnel a permis de faire des économies d’énergie de 103,6 PJ et d’éviter 5,6 Mt d’émissions de GES connexes.

Figure 4.11 – Incidence de l’activité, de la structure, des conditions météorologiques, du niveau de service et de l'efficacité énergétique sur la variation de la consommation d’énergie du secteur commercial et institutionnel, 1990-2008.

5 Parmi les secteurs présentés dans ce document, c’est le secteur commercial et institutionnel qui cumule les lacunes les plus importantes sur le plan des données.
6 Le secteur commercial et institutionnel englobe toutes les industries du secteur des services du Canada, SCIAN, 41-91.

Précédent | Table des matières | Suivant