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Rendement énergétique des fenêtresAvant de choisir l'un ou l'autre type de fenêtre, il peut être utile d'examiner le fonctionnement des fenêtres, c'est-à-dire en quoi elles contribuent aux gains d'énergie solaire d'une maison et comment elles agissent sur les pertes de chaleur par temps couvert.
Plusieurs facteurs influent sur la capacité des fenêtres à capter l'énergie solaire, notamment 1) l'emplacement et l'orientation; 2) la conception de la fenêtre (et le pourcentage de vitrage transparent); 3) le type de vitrage utilisé; 4) la quantité d'ombrage à l'intérieur et à l'extérieur.
Au cours de l'hiver, le soleil du midi étant bas à l'horizon, les rayons peuvent pénétrer par les fenêtres orientées vers le sud (fig. 21a). Ces gains solaires peuvent contribuer à réduire les frais de chauffage pendant l'hiver.


En été, lorsque le soleil du midi est plus haut, une fenêtre orientée vers le sud reçoit en fait très peu de soleil (fig. 21b). En outre, ces rayonnements frappent la fenêtre à un angle tellement fermé qu'ils sont réfléchis. En été, des auvents ou un avant-toit légèrement en surplomb peuvent ombrager les fenêtres orientées vers le sud et réduire davantage ces gains solaires indésirables. Ces dispositifs, placés judicieusement, ne devraient pas empêcher les gains solaires en hiver.
Pendant l'été, l'excès de chaleur provient plutôt des fenêtres non ombragées orientées vers l'ouest et, dans une moindre mesure, de celles orientées vers l'est. Des arbres à feuillage caduc, plantés au bon endroit, réduisent l'excès de chaleur en été, tout en permettant d'obtenir des gains solaires souhaitables en hiver.


Les revêtements et les teintures pour vitrage ont aussi un effet. C'est le verre transparent qui transmet le plus d'énergie solaire à l'intérieur d'un bâtiment. Le verre teinté et le verre revêtu d'un enduit spécial isolant à faible E (dont il est question à la section 7) peuvent réduire d'un tiers les gains thermiques. Par exemple, une fenêtre à double vitrage revêtu d'un enduit à faible E sur une face transmet jusqu'à 20 p. 100 moins d'énergie solaire à l'intérieur qu'une fenêtre à vitrage double de verre ordinaire ayant une surface équivalente (fig. 24). Les différents types d'enduit à faible E varient grandement quant à leur effet sur les gains solaires. Certains, conçus pour des climats plus chauds, ne conviennent pas au Canada.

Il ne faut pas perdre de vue que les arbres et les arbustes que l'on plante près des fenêtres peuvent réduire les gains solaires en hiver. En sélectionnant des arbres au branchage fin et à feuilles caduques pour le côté sud, on reçoit de l'ombre en été, mais on optimise les gains solaires une fois que les arbres ont perdu leurs feuilles.
Plusieurs phénomènes influent sur le taux de déperdition thermique à travers les éléments des fenêtres. Tous ces phénomènes obéissent à une loi fondamentale de la nature : la chaleur a tendance à se déplacer des zones chaudes vers les zones plus froides. Il n'existe aucun moyen de contourner ce principe fondamental; on ne peut que ralentir le processus.
Les principaux mécanismes du transfert de la chaleur à travers les fenêtres sont le rayonnement, la conduction et la convection. En outre, les fuites d'air causent une part importante des pertes de chaleur.

Les pertes par rayonnement à travers la vitre représentent environ les deux tiers des pertes thermiques totales d'une fenêtre ordinaire. Comme le verre ordinaire transmet facilement la chaleur vers les surfaces froides (car il possède une émissivité élevée), il est possible de réduire les pertes par rayonnement en réduisant l'émissivité du verre (d'où le terme verre à faible émissivité ou faible E).
Les pertes par conduction à travers les fenêtres se produisent principalement sur le pourtour et le long du cadre. Faisant un usage plus efficace des isolants, les matériaux et les conceptions de pointe ont permis de réduire considérablement ces déperditions.
Les pertes par convection sont causées par le mouvement de la lame d'air entre les vitres des fenêtres à vitrages multiples. Si l'espace est trop étroit, la conduction devient importante. Si la lame d'air est trop épaisse, l'air immobile s'élève à mesure qu'il est réchauffé sur le côté intérieur chaud et redescend sous l'effet du refroidissement qu'il subit au contact du côté extérieur froid. Ce mouvement de convection de l'air transmet la chaleur à l'extérieur. L'espacement entre les vitrages qui permettra de réduire au minimum les pertes par convection est de 12 à 16 mm (de 1/2 à 2/3 po). On fait souvent appel à d'autres gaz (argon, krypton) pour réduire les pertes de chaleur par convection, auquel cas, l'espacement peut être différent.

Les fenêtres présentant les plus faibles taux de fuites d'air, quel qu'en soit le type, sont surtout des fenêtres fixes, c'est-à-dire des fenêtres qui ne s'ouvrent pas. Il existe de nombreux types de fenêtres ouvrantes, comme il est indiqué à la section 3. Les fenêtres ouvrantes les plus étanches à l'air sont les fenêtres de type auvent, les fenêtres à battants et, de façon générale, tous les modèles pourvus d'un dispositif de fermeture qui maintient le châssis contre un joint à compression, comme l'illustre la figure 20a.
Les fuites d'air peuvent aussi poser un grave problème si les fenêtres sont mal installées à l'intérieur de l'ouverture brute. Si l'espace entre le périmètre extérieur du cadre et l'ouverture brute n'est pas scellé à l'aide d'un calfeutrage ou de mousse isolante, l'air s'en échappera. Cet espace doit donc être isolé et scellé avant qu'on pose les boiseries.
Comme on l'a vu, il existe un grand mouvement bidirectionnel d'énergie à travers les fenêtres. Les fenêtres orientées vers le sud captent souvent plus de chaleur solaire pendant la journée qu'elles n'en perdent la nuit par convection, rayonnement ou conduction.
Les fenêtres orientées vers le nord accusent habituellement des pertes nettes d'énergie, tandis que les gains et les pertes de chaleur des fenêtres orientées vers l'est et vers l'ouest ont tendance à se neutraliser pendant la saison froide. Toutefois, pendant l'été, les fenêtres à l'ouest peuvent entraîner un gain net d'énergie et poser un problème de surchauffe.
La technologie des fenêtres à haut rendement énergétique ouvre la voie à des améliorations notables du bilan énergétique, en permettant de maximiser les gains quand il le faut et, parallèlement, de réduire la dissipation de la chaleur avec une efficacité inégalée à ce jour.